Quand 1 enfant sur 10 subit des violences, le silence n’est plus une option. Donnons de la voix à celles et ceux qui n’en ont plus : brisons l’omerta, croyons les enfants, protégeons-les
Le texte de Charlotte Dhenaux est un plaidoyer vibrant pour les enfants victimes de violences et d’agressions, qui insiste sur la gravité des traumatismes laissés par ces actes et par le silence qui les entoure. Elle rappelle que ce silence est entretenu par la peur, la honte, la culpabilisation des victimes et l’inaction des adultes ou des institutions, ce qui prolonge la souffrance des enfants.
L’intervention vise à rendre visibles ces enfants, à dénoncer la banalisation et le déni des violences, et à appeler à une responsabilité collective – parents, proches, professionnels, justice, médias – pour écouter, protéger et croire les victimes. Elle porte aussi un message d’espoir en soulignant que la parole, la reconnaissance et la protection peuvent permettre aux enfants de se reconstruire, à condition que la société rompe enfin avec la culture du silence.
Je vous laisse écouter - https://www.youtube.com/watch?v=bdWVsa9hpJM&t=6s - C'est pas souvent, que je rediffuse ce type de vidéo, mais là, je ne voulais pas laisser passer - Très juste et très émouvant

Des références sur la lutte contre les violences - https://pratiquesensante.odoo.com/2-2-lutte-contre-les-violences

1. Introduction aux violences faites aux enfants
En France comme ailleurs, les violences faites aux enfants constituent un problème majeur de santé publique et de droits humains, touchant des centaines de milliers de mineurs chaque année. Elles peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques ou liées à la négligence, et se produisent le plus souvent dans le cadre familial ou dans l’entourage proche de l’enfant.
Les estimations récentes montrent une augmentation importante du nombre de victimes enregistrées par les services de police et de gendarmerie, ce qui reflète à la fois la persistance des violences et une meilleure capacité de repérage et de signalement. Ces atteintes ont des conséquences immédiates et à long terme sur la santé physique, mentale, sociale et scolaire des enfants, et justifient une mobilisation forte de l’ensemble de la société.
2. Types de violences et impacts
Les violences physiques regroupent les coups, brûlures, secouements, ou toute atteinte corporelle infligée à l’enfant, avec en France plusieurs dizaines de milliers de victimes mineures chaque année dans un cadre intrafamilial enregistrées par les autorités. Les violences sexuelles incluent l’inceste, les agressions et viols, ainsi que l’exploitation sexuelle, avec là aussi des milliers d’enfants identifiés chaque année par la justice et les forces de l’ordre.
Les violences psychologiques (insultes, humiliations, menaces, dénigrement, exposition à des violences conjugales) et la négligence (carences de soins, d’éducation, de protection, d’affection) sont plus difficiles à quantifier mais largement reconnues par les observatoires nationaux comme des déterminants majeurs de troubles émotionnels, de conduites à risque et de difficultés scolaires. Tous ces types de violences peuvent entraîner anxiété, dépression, troubles du comportement, stress post-traumatique ou décrochage scolaire.
3. Facteurs de risque et causes sous-jacentes
Les facteurs de risque identifiés en France recoupent les déterminants internationaux : précarité économique, isolement social, difficultés de logement, antécédents de violences intrafamiliales, addictions ou troubles psychiques chez les parents. L’exposition des enfants aux violences conjugales constitue également un facteur direct de danger et est désormais mieux prise en compte dans les politiques publiques.
Les normes éducatives tolérant encore certaines formes de violences « ordinaires » (gifles, fessées, humiliations) ont conduit le législateur à inscrire dans le Code civil le droit des enfants à une éducation sans violences, afin de faire évoluer les pratiques parentales et les représentations sociales. Les causes sont donc imbriquées, entre vulnérabilités individuelles, dynamiques familiales et contextes sociaux.
4. Conséquences à long terme
Les études françaises et internationales montrent que les violences subies dans l’enfance augmentent le risque de troubles anxieux, dépressifs, conduites suicidaires, consommations de substances, ainsi que de problèmes somatiques chroniques à l’âge adulte. Elles sont également associées à des difficultés d’apprentissage, une moindre réussite scolaire et des trajectoires professionnelles plus fragiles.
Ces expériences peuvent affecter durablement l’estime de soi, la capacité à faire confiance et à établir des relations stables, contribuant parfois à la reproduction intergénérationnelle des violences. L’enjeu de la prévention et de la prise en charge précoce est donc aussi de rompre ces cycles et de soutenir la résilience des enfants et des familles.
5. Prévention et intervention
La prévention en France s’appuie sur des actions universelles, sélectives et ciblées : soutien à la parentalité, promotion de pratiques éducatives non violentes, programmes d’éducation à la vie affective et sexuelle, et actions de sensibilisation grand public. Le plan national de lutte contre les violences faites aux enfants 2023‑2027 prévoit notamment de renforcer l’éducation à la vie sexuelle à l’école et dans les lieux de vie des enfants, d’améliorer la qualité de l’accueil au 119 et de soutenir les actions associatives.
Les professionnels de santé, de l’éducation, du social, du judiciaire et du secteur associatif jouent un rôle central dans le repérage, l’écoute et l’orientation des enfants en danger, avec des formations et outils progressivement développés au niveau national. L’articulation avec les cellules de recueil et de traitement des informations préoccupantes (CRIP) dans chaque département est essentielle pour évaluer les situations et décider des mesures de protection adaptées.
6. Rôle des institutions et politiques publiques
La France s’est dotée d’un ensemble de textes et dispositifs pour organiser la protection de l’enfance, dont la loi du 10 juillet 1989 créant le Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger (SNATED – 119) et plusieurs réformes ultérieures renforçant la prévention et la prise en charge. Le groupement d’intérêt public France Enfance Protégée porte désormais des missions clés, notamment la gestion du 119 et la production de données via l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE).
Le plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023‑2027, composé de 22 actions, vise à mieux prévenir la survenue des violences, améliorer le repérage, mieux accompagner les victimes et limiter la récidive, en mobilisant l’ensemble des ministères concernés et les collectivités territoriales. Ces politiques publiques cherchent aussi à renforcer les connaissances, la coordination interinstitutionnelle et le pilotage territorial.
7. Témoignages et études de cas
Les rapports d’organismes publics, d’instances indépendantes et d’associations présentent de nombreux témoignages et études de cas illustrant la diversité des situations de maltraitance : violences intrafamiliales, violences sexuelles, négligences graves, mais aussi parcours de reconstruction. Ces récits, anonymisés et analysés, permettent de mieux comprendre les mécanismes de domination, de silence et de non‑recours à l’aide, ainsi que les leviers qui favorisent la parole des enfants et des proches.
Ils alimentent également l’évaluation des dispositifs existants (signalement, accompagnement, hébergement, justice) et mettent en lumière les besoins d’amélioration, par exemple en matière de continuité des parcours, de prise en charge psychotraumatique ou de soutien à la parentalité. Pour les professionnels, ces études de cas constituent des supports précieux de formation et de réflexion éthique.
8. Conclusion et recommandations
En France, la lutte contre les violences faites aux enfants repose sur une combinaison de mesures législatives, de plans d’action nationaux, de dispositifs de signalement et de réseaux de protection, mais les chiffres montrent que la prévention et la protection doivent encore être renforcées. Le développement d’une véritable « culture de la protection de l’enfance » implique de soutenir les parents, d’outiller les professionnels, de mieux écouter la parole des enfants et de réduire les inégalités sociales qui alimentent les situations de risque.
Parmi les recommandations prioritaires figurent le repérage précoce et coordonné, l’accès facilité à des prises en charge spécialisées (notamment psychotraumatiques), la consolidation des données épidémiologiques, ainsi que la mobilisation durable des institutions, des associations et des citoyens. Dans ce cadre, les espaces de sensibilisation et de diffusion de ressources tels que ton blog peuvent jouer un rôle important pour relayer les connaissances, les dispositifs et les pratiques bientraitantes.
La référence principale est la loi du 10 juillet 2019 qui modifie l’article 371‑1 du Code civil pour préciser que l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques.
Texte du Code civil
Article 371‑1 du Code civil (version consolidée)
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049164413
Article 371‑1 du Code civil (autre accès)
https://www.doctrine.fr/l/texts/codes/LEGITEXT000006070721/articles/LEGIARTI000006426467
Loi spécifique de 2019
LOI n° 2019‑721 du 10 juillet 2019 relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires (Journal officiel) - https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038746663
Autres références
Dossier législatif – Interdiction des violences éducatives ordinaires (Assemblée nationale)
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/violences_educatives_ordinaires_interdiction
Dossier législatif – Loi n° 2019‑721 (Legifrance, synthèse)
https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000037666111
Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) – Site institutionnel
La maltraitance infantile intrafamiliale – Les chiffres nationaux (ONPE)
Lutter contre les violences faites aux enfants (Ministère des Solidarités)
https://solidarites.gouv.fr/lutter-contre-les-violences-faites-aux-enfants
Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023‑2027 – Présentation (Ministère des Solidarités)
https://solidarites.gouv.fr/plan-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-enfants-2023-2027
Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023‑2027 – Dossier ONPE / France Enfance Protégée
Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023‑2027 – PDF intégral
Plan 2023‑2027 contre les violences faites aux enfants : 22 actions pour agir (info.gouv.fr)
Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger – Site officiel du 119
Le numéro 119 – Allô enfance en danger est accessible sans interruption (Jeunes.gouv.fr)
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