🤝🔍 Les KBO (Knowledge Brokering Organisations ), outils innovants pour répondre au déficit de conseil interne et fournir une expertise indépendante : des leviers essentiels pour renforcer la crédibilité des interventions
🔍 Saviez-vous que les gouvernements créent de plus en plus des "organisations de courtage de connaissances" (KBOs) pour transformer l’utilisation des preuves d
Comprendre le rôle des KBO dans la relation savoir/politique
Ce travail analyse l’émergence des Knowledge Brokering Organisations (KBO) comme réponse aux limites internes des administrations pour produire ou intégrer des connaissances exploitables dans la décision publique. Leur spécificité : la centralité accordée à l’évidence dans leur fonctionnement, leur proximité avec les décideurs sans confusion statutaire avec les instances gouvernementales et leur structuration via des équipes hybrides. L'étude menée sur trois continents fait ressortir une convergence des logiques narratives et stratégiques : les KBO s’affirment comme « guichets uniques » capables d'adapter leurs formats et canaux pour répondre aux besoins politiques, tout en affirmant leur indépendance par des pratiques méthodologiques rigoureuses et la valorisation de leur origine académique.
Les mécanismes de légitimité à l’épreuve des relations institutionnelles
La question de la légitimité traverse leur action : constamment en équilibre entre crédibilité scientifique, pertinence politique et neutralité affichée vis-à-vis des donneurs d'ordre. Les KBO combinent production, synthèse, conseil et parfois plaidoyer, ajustant leurs postures en fonction des attentes de chaque public : institutionnalisation par le recours à des indicateurs mixtes (impact-case studies, valorisation qualitative/quantitative), accent sur la coproduction et les réseaux, recours régulier aux évaluations externes. Leur impact sur la décision se joue fréquemment dans la clarification des enjeux complexes, le déploiement de solutions innovantes et la capacité à « dépolitiser » les arbitrages en amont.
📝Source
➡️ https://bristoluniversitypressdigital.com/view/journals/evp/19/1/article-p22.xml
Références complémentaires
3 références et la synthèse de ces 3 documents
Les trois documents convergent sur l’urgence de structurer les processus de production et de transfert des connaissances pour améliorer les décisions en santé, surtout en crise. Les synthèses rapides (Hong et al.) nécessitent des méthodologies flexibles, une collaboration renforcée entre acteurs, et des infrastructures dédiées, souvent absentes ou sous-utilisées. Le transfert des connaissances (Lane et al.) peine à passer de la dissémination à l’implantation en raison de barrières organisationnelles, malgré des initiatives prometteuses comme les courtiers de connaissances ou les formats agiles inspirés de la COVID-19. Les KBOs (MacKillop et Downe) émergent comme des intermédiaires clés, mais leur légitimité repose sur un équilibre précaire entre indépendance scientifique et alignement sur les besoins politiques. Pour être efficaces, ces approches doivent combiner rigueur et réactivité, impliquer les utilisateurs finaux (cliniciens, patients), et évaluer leur impact au-delà des outputs traditionnels. La pandémie a accéléré l’innovation, mais a aussi révélé des lacunes persistantes : manque de coordination, ressources limitées, et difficulté à ancrer durablement ces pratiques dans les systèmes de santé. Une gouvernance claire, des financements stables, et une culture de l’évaluation sont essentiels pour transformer ces leviers en outils pérennes d’amélioration des politiques et des soins.
🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème du transfert des connaissances ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/blog/tag/transfert-connaissances-580
Points clés du document : Organisations de courtage de connaissances: une nouvelle manière de gouverner les preuves
- KBO = réponse à la perte de capacité interne chez les décideurs publics, besoin d’accès rapide à des expertises externes.
- Modèle hybride : proximité avec gouvernements, exigence d’indépendance, méthodologies académiques pour renforcer la crédibilité.
- Rôle central dans l'EIPM (Evidence-Informed Policymaking) : production, synthèse, conseil, adaptation des formats et stratégies selon les contextes nationaux.
- Légitimité = construction permanente via la combinaison de postures : académique (rigueur, publication, expertise), politique (réactivité, pertinence contextuelle), réseau social (confiance, coproduction).
Axes de progrès pratiques
- Difficulté à mesurer l'impact réel sur la politique : nécessité d’indicateurs plus fins (qualitatifs, « stories of impact », évaluation in situ).
- Risques liés à la dépendance financière et aux orientations des bailleurs : développer des modèles mixtes, renforcer l’autonomie des KBO.
- Formation à la coproduction : outiller les équipes pour adapter leurs interventions à la diversité des acteurs et enjeux locaux.
- Amélioration des méthodes de pilotage et d’évaluation : check-lists, protocoles de confiance, documentation rigoureuse des pratiques et impacts.
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