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L’approche centrée solution : Une boîte à outils pour accompagner les enfants et les jeunes

✍️ Magali Svitex et Jean‑Paul Durand avec l’autorisation du NSPCC, avec le soutien de l’association Alternatives et de l’IFAACS – Institut de Formation et d’Application de l’Approche Centrée Solution.
21 février 2026 par
L’approche centrée solution : Une boîte à outils pour accompagner les enfants et les jeunes
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔍💡 Approche centrée solution avec enfants et ados : une boîte à outils concrète pour transformer les séances en espaces de ressources, de coopération et de progression pas à pas.
🧠✨ De la « problem‑free talk » aux questions d’échelle, ce toolkit aide les équipes à structurer des accompagnements courts, orientés forces et futur préféré, en lien avec l’entourage.

Source :    📒L’approche centrée solution : Une boîte à outils pour accompagner les enfants et les jeunes    📜🔗LIEN 

Au coeur du sujet 

1. Résumé analytique

Contexte, publics et enjeux

Le document présente une boîte à outils issue du service Face‑to‑Face du NSPCC, développé au Royaume‑Uni pour des enfants et jeunes de 5 à 19 ans placés ou en risque de placement, souhaitant changer quelque chose dans leur vie. Il s’inscrit dans la thérapie brève centrée solution (Approche Centrée Solution, ACS), élaborée dans les années 1980‑1990 par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg, et adaptée au travail avec des enfants et adolescents. L’enjeu central est de déplacer le regard du problème vers un futur souhaité, en considérant l’enfant comme expert de sa propre vie et en travaillant à partir de ses compétences, de ses réussites et de son réseau de soutien. Le document cible des professionnels déjà formés à l’ACS (travailleurs sociaux, psychologues, éducateurs, intervenants de protection de l’enfance) et propose une adaptation systématique des concepts à des contextes de vulnérabilité, de placement et de rupture familiale.​

Apports opérationnels pour le terrain

La ressource offre un ensemble structuré d’outils : explications brèves et fiches à photocopier pour chaque étape du processus ACS (explication de l’approche, « problem‑free talk », clarification des meilleurs espoirs, description du futur préféré, échelles, mobilisation de l’équipe ressource, consolidation des réussites, préparation de la fin). Chaque section associe principes, points de vigilance et exemples cliniques issus du service Face‑to‑Face, facilitant la transposition pratique en séance individuelle ou en petit groupe. Les activités sont fortement médiatisées (dessin, jeux de rôle, cartes de forces, plateau de sable, sports, objets symboliques), ce qui permet d’adapter l’ACS à l’âge, aux styles d’apprentissage et aux capacités langagières des enfants. Le document propose également des stratégies pour articuler les séances avec le réseau de soutien de l’enfant (équipe ressource) et pour organiser des accompagnements courts mais structurés, incluant la préparation anticipée de la fin du travail.​​

2. Points clés du document 

  • Utiliser le « problem‑free talk » pour construire une image positive de l’enfant (forces, intérêts, ressources) avant d’aborder les problèmes, avec des outils comme « Mes préférences et mes forces », cartes des forces, activités de plein air (p. 16‑24).​

  • Identifier les « meilleurs espoirs » de l’enfant comme contrat central du travail, via des outils visuels (boule de cristal, feux de signalisation, bulles de pensées, marionnettes, diagrammes en toile d’araignée) (p. 25‑37).​

  • Construire le « futur préféré » par des questions de type « miracle » et des supports créatifs (machine à voyager dans le temps, bande dessinée, lettre depuis le futur, plateau de sable, jeux vidéo imaginaires) (p. 38‑48).​

  • Travailler vers le futur préféré en repérant exemples, exceptions et progression sur des échelles (montagne, fusée, échelle graphique), y compris avec des échelles corporelles ou d’objets (p. 49‑52).​

  • Mobiliser l’« équipe ressource » et renforcer les réussites avec des supports concrets (cercles relationnels, dessins, boutons, check‑list, « bocal de sel », album de succès), puis planifier la fin de l’accompagnement en laissant à l’enfant la décision d’arrêter (p. 62‑81).​

3. Pistes d’action 

  1. Intégrer systématiquement un temps de « problem‑free talk » en début de parcours, en utilisant la fiche « Mes préférences et mes forces » ou les cartes de forces pour identifier les ressources et intérêts de l’enfant (p. 19‑22).​

  2. Co‑construire avec chaque enfant un objectif formulé en « meilleurs espoirs », en s’appuyant sur la boule de cristal, les feux de signalisation ou les diagrammes en toile d’araignée pour le rendre concret et atteignable (p. 25‑37).​

  3. Mettre en place une pratique régulière des échelles (visuelles ou physiques) pour suivre la progression entre les séances, en questionnant ce que l’enfant fait déjà pour être à son niveau actuel plutôt qu’à un niveau plus bas (p. 49‑52).​

  4. Formaliser l’équipe ressource de chaque enfant via l’outil des cercles (« Qui est important pour moi ») et planifier avec lui comment ces personnes peuvent soutenir les changements au quotidien (p. 62‑69).


4. Autres références


RESSOURCES ADDITIONNELLES

5. Analyse transversale — valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : le document propose de nombreux supports visuels, ludiques et concrets (dessins, jeux, échelles visuelles, BD) qui permettent d’adapter l’ACS à des niveaux très variés de compréhension et de langage (p. 6‑8, 16‑24, 38‑48).​

  • Empowerment : les enfants définissent leurs « meilleurs espoirs », décrivent eux‑mêmes leur futur préféré et choisissent les stratégies qu’ils souhaitent mettre en œuvre, y compris la fin du travail (p. 25‑27, 38‑41, 80‑81).​

  • Participation : les outils incitent à demander l’avis de l’enfant sur le type d’activités (dessin, sport, plateau de sable, marionnettes) et à co‑construire les cartes de forces ou les jeux utilisés en séance (p. 19‑24, 44‑47).​

  • Santé communautaire : la notion d’« équipe ressource » intègre famille, pairs, professionnels et réseau de soutien comme acteurs clés de la consolidation des changements au‑delà des séances (p. 62‑69, 71‑78).​

  • Éthique : le document insiste sur l’adaptation à l’âge, au stade de développement, à la culture et au style d’apprentissage, ainsi que sur le respect du rythme et des préférences de l’enfant, y compris son besoin de parler des difficultés avant le « problem‑free talk » (p. 6‑7, 16‑18, 26‑27).​

  • Droits humains : l’approche vise à renforcer la voix de l’enfant, à reconnaître ses ressources et à améliorer ses conditions de vie dans les systèmes de protection, en gardant ses intérêts et souhaits au centre du travail (p. 4‑5, 25‑29, 80‑81).​​

  • Intersectorialité : la boîte à outils se situe dans des contextes de protection de l’enfance et suppose des liens avec services sociaux, éducation et familles d’accueil, même si ces partenariats ne sont pas formalisés comme dispositifs intersectoriels détaillés (p. 4‑5, 62‑69).​​

  • Partenariat : le travail est pensé en articulation avec les aidants et professionnels autour de l’enfant (service Face‑to‑Face, travailleurs sociaux, familles d’accueil), avec un rôle explicite du réseau de soutien dans le suivi des progrès (p. 4‑5, 62‑69, 71‑78).​

  • Lutte contre les discriminations : le texte évoque l’adaptation à l’appartenance ethnique et aux difficultés d’apprentissage, sans traiter de manière approfondie les discriminations structurelles ou les rapports de pouvoir (p. 6‑7, 16‑18).​

Synthèse finale : Le document répond solidement aux critères de participation, empowerment et réseau, mais reste plus implicite sur les discriminations et l’intersectorialité systémique.​​

6. Évaluation de la fiabilité de la ressource

  • Pertinence scientifique :

    • Fondée sur l’Approche Centrée Solution développée par de Shazer et Berg, avec références à Berg & Steiner (2003), Milner & Bateman (2011), Ratner et al. (2012), Shennan (2014), et à Yvonne Dolan (2000), ce qui témoigne d’un ancrage dans la littérature internationale en thérapie brève centrée solution.​

    • Le document décrit clairement les concepts (meilleurs espoirs, futur préféré, exceptions, échelles) et renvoie à des ressources complémentaires pour approfondir la méthodologie.​

    • Toutefois - Risque de sous‑évaluation du risque en protection de l’enfance

    • Une revue systématique britannique de la Solution Focused Brief Therapy (SFBT) alerte : dans les situations de maltraitance grave, une approche trop centrée sur les forces et peu sur l’analyse du problème peut être en tension avec la nécessité d’une évaluation approfondie et autoritative de la sécurité de l’enfant. Les auteurs recommandent de n’utiliser l’ACS qu’intégrée à un dispositif de protection plus large, avec gouvernance, formation spécialisée et supervision dédiée.



7. QCM — 5 questions — Questions 

Question 1 (p. 4‑7, 25‑27)

Dans l’Approche Centrée Solution telle que présentée dans cette boîte à outils, quel élément constitue le cœur du travail avec l’enfant ou le jeune ?​

a) L’analyse détaillée de l’histoire du problème

b) L’identification de ses « meilleurs espoirs » pour le travail

c) L’évaluation standardisée de ses symptômes

d) La décision du praticien sur l’objectif du suivi

Question 2 (p. 16‑24)

Quel est l’objectif principal du « problem‑free talk » en début de parcours ?​

a) Tester la capacité de l’enfant à se concentrer

b) Recueillir des informations pour le dossier administratif

c) Aider l’enfant à se décharger de ses problèmes

d) Explorer intérêts, forces et ressources de l’enfant en dehors du problème

Question 3 (p. 38‑48)

À quoi sert la « question miracle » (ou ses variantes) dans le travail avec les enfants et les jeunes ?​

a) Vérifier leur compréhension de la notion de miracle

b) Évaluer leur croyance religieuse ou spirituelle

c) Les amener à décrire en détail un futur préféré où leurs espoirs sont réalisés

d) Les aider à se souvenir d’événements traumatiques passés

Question 4 (p. 49‑52)

Lorsqu’un enfant se positionne à « 3 » sur une échelle où « 10 » représente son futur préféré, quelle question est centrale pour le praticien ACS ?​

a) Pourquoi n’es‑tu pas encore à 10 ?

b) Qu’est‑ce qui t’empêche de monter plus vite ?

c) Que fais‑tu déjà qui te permet d’être à 3 plutôt qu’à 0 ?

d) Qui est responsable du fait que tu n’es qu’à 3 ?

Question 5 (p. 62‑69, 80‑81)

Que désigne l’« équipe ressource » dans cette boîte à outils ?​

a) L’ensemble des professionnels du service Face‑to‑Face

b) Le groupe de pairs avec lesquels l’enfant joue

c) Le réseau de personnes qui soutient l’enfant dans ses progrès

d) Le comité scientifique qui a élaboré l’outil

(Ordre des bonnes réponses : Q1 b, Q2 d, Q3 c, Q4 c, Q5 c — soit b / d / c / c / c, avec la lettre c utilisée trois fois mais associée à des contenus différents.)

Partie 2 — Correction commentée

Question 1

✅ Réponse correcte : b) L’identification de ses « meilleurs espoirs » pour le travail.

📝 Explication : Le document insiste sur le fait que le projet commun repose sur les meilleurs espoirs de l’enfant, définis par lui, dans le cadre de la mission du praticien et réalisables dans le travail proposé (critères de Korman). Source : p. 25‑27.​

Question 2

✅ Réponse correcte : d) Explorer intérêts, forces et ressources de l’enfant en dehors du problème.

📝 Explication : Le « problem‑free talk » vise à rappeler à l’enfant qu’il est plus que le problème, à identifier ses forces et ses centres d’intérêt et à construire une base positive pour la suite du travail. Source : p. 16‑18.​

Question 3

✅ Réponse correcte : c) Les amener à décrire en détail un futur préféré où leurs espoirs sont réalisés.

📝 Explication : Les variantes de la question miracle (jour du miracle, coup de baguette magique) permettent à l’enfant de décrire comment il saura que ses meilleurs espoirs sont devenus réalité et ce que cela changera dans son quotidien. Source : p. 38‑44.​

Question 4

✅ Réponse correcte : c) Que fais‑tu déjà qui te permet d’être à 3 plutôt qu’à 0 ?

📝 Explication : Les questions d’échelle servent à repérer les actions et stratégies déjà en place (exemples, exceptions), en détaillant ce qui permet à l’enfant d’être au niveau actuel et ce qui caractériserait un petit pas supplémentaire. Source : p. 49‑52.​

Question 5

✅ Réponse correcte : c) Le réseau de personnes qui soutient l’enfant dans ses progrès.

📝 Explication : L’équipe ressource est définie comme l’ensemble des personnes importantes pour l’enfant (famille, aidants, amis, professionnels) susceptibles de remarquer ses progrès et de l’aider à avancer vers ses meilleurs espoirs. Source : p. 62‑69, 80‑81.​

8. Foire aux questions (FAQ) 

  1. À quels enfants et jeunes ce toolkit s’adresse‑t‑il ?

    Il est conçu pour des enfants et adolescents de 5 à 19 ans, en particulier ceux placés ou en risque de placement qui souhaitent changer quelque chose dans leur vie et peuvent identifier un objectif de travail.​​

    • Pages : p. 4‑5.

  2. Faut‑il être formé à l’Approche Centrée Solution pour utiliser ces outils ?

    Oui, le document précise qu’il cible des professionnels déjà formés à l’ACS, les fiches venant illustrer et opérationnaliser une pratique existante plutôt que remplacer une formation de base.​​

    • Pages : p. 6‑7.

  3. Comment expliquer l’Approche Centrée Solution à un enfant sans le perdre ?

    Le texte recommande d’éviter les longues explications et de « montrer » l’ACS en la pratiquant, avec éventuellement une brève présentation, des histoires illustrées (Nathan, Jean) et l’outil « Mon parcours ».​

    • Pages : p. 6‑8, 10‑15.

  4. Que faire si l’enfant a besoin de parler de ses problèmes alors que l’on veut faire du « problem‑free talk » ?

    Le document propose d’accueillir ce besoin, d’écouter avec empathie, puis de saisir des opportunités pour revenir aux ressources de résilience en questionnant comment l’enfant fait pour faire face à ces situations difficiles.​

    • Pages : p. 16‑18.

  5. Comment définir un objectif réaliste quand l’espoir de l’enfant dépasse le champ d’action du praticien ?

    Il est recommandé de reconnaître l’espoir, d’être transparent sur ce qui ne relève pas de la mission du praticien, puis de poursuivre la discussion jusqu’à trouver des meilleurs espoirs atteignables en lien avec la situation de l’enfant.​

    • Pages : p. 26‑27.

  6. Comment travailler avec un enfant qui a du mal à imaginer son futur préféré ou se bloque lors des questions ?

    Le document suggère de recourir à des supports (plateau de sable, dessins, pâte à modeler, jeux de rôle, lettres du futur) et de décharger l’enfant de la « responsabilité » de répondre en adaptant les modalités et le rythme des questions.​

    • Pages : p. 40‑41, 44‑48.

  7. Comment préparer la fin de l’accompagnement pour qu’elle ne soit pas vécue comme une rupture brutale ?

    Il est conseillé d’annoncer les limites du nombre de séances dès le départ, de suivre la progression vers le futur préféré à chaque rencontre, de co‑décider du moment où « ça va assez bien » et de clôturer en valorisant les apprentissages avec un support que l’enfant emporte (album, boîte, certificat).​

    • Pages : p. 71‑81.

9. Réécriture en FALC 

Titre FALC

Parler avec les enfants pour chercher des solutions

Résumé analytique – version FALC

1. Ce document parle de quoi ?

  • Ce document explique une façon de travailler avec les enfants.​

  • Cette façon s’appelle « approche centrée solution ».​

  • On travaille surtout avec des enfants qui vivent des choses difficiles.​

  • Par exemple : placement, problèmes à l’école, conflits en famille.​

  • L’enfant dit ce qu’il veut changer dans sa vie.​

  • Le professionnel écoute l’enfant et l’aide à avancer pas à pas.​

2. À quoi ça sert pour les professionnels ?

  • Le document donne beaucoup d’idées et de jeux à utiliser.​

  • Il propose des dessins, des cartes, des histoires et des questions simples.​

  • Les outils aident l’enfant à dire ce qu’il espère pour l’avenir.​

  • Ils aident aussi à voir ce qui va déjà bien aujourd’hui.​

  • Le professionnel peut choisir les outils qui conviennent à chaque enfant.​

  • Le document montre comment commencer, continuer et finir le travail.​

Points clés – version FALC

  • Parler d’abord de ce que l’enfant aime et sait bien faire.​

  • Demander à l’enfant : « Qu’est‑ce que tu aimerais changer dans ta vie ? »​

  • Aider l’enfant à imaginer une journée où tout se passe mieux pour lui.​

  • Utiliser des échelles simples pour voir où il en est et comment il progresse.​

  • Repérer les personnes qui l’aident et comment elles peuvent continuer à l’aider.​


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