Se rendre au contenu

Expériences et perceptions de la mise à l’échelle d’une intervention de santé publique : entretiens auprès d’une variété d’acteurs français

✍️ Nolwenn Stevens · François Alla · Henri Bergeron - Canadian Journal of Public Health, 2026, volume 117
4 mai 2026 par
Expériences et perceptions de la mise à l’échelle d’une intervention de santé publique : entretiens auprès d’une variété d’acteurs français
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
| Aucun commentaire pour l'instant
 📌 Ce texte éclaire de façon très concrète ce que signifie « mettre à l’échelle » une intervention en France : stratégies réelles, acteurs impliqués, activités invisibles, freins et leviers.
Pour un responsable de programme régional, un coordinateur associatif, un chef de projet ARS ou un cadre de PMI, il aide à anticiper ce qu’implique vraiment un déploiement national ou régional (organisation, financement, gouvernance).
Pour un réseau, une structure tête de pont ou une collectivité, il donne des repères opérationnels pour structurer son dispositif de dissémination, d’accompagnement et de suivi.
  
Source :     📒 Expériences et perceptions de la mise à l’échelle d’une intervention de santé publique : entretiens auprès d’une variété d’acteurs français
✍️ Nolwenn Stevens · François Alla · Henri Bergeron - Canadian Journal of Public Health, 2026, volume 117


 📜🔗LIEN vers la source 

Nombre de pages : 20

1. Résumé analytique

1.1. Contexte et enjeux : la mise à l’échelle comme point aveugle des politiques « fondées sur les preuves »

L’article part du constat qu’en France, comme ailleurs, de nombreuses interventions de santé publique restent cantonnées à des expérimentations locales, tandis que d’autres sont déployées sans preuve solide, et que beaucoup de tentatives de mise à l’échelle échouent ou s’essoufflent.

Les auteurs rappellent que la mise à l’échelle est centrale pour concrétiser les politiques de santé fondées sur les données probantes, mais qu’elle est loin d’être un prolongement automatique de la décision politique ou de la preuve d’efficacité.

Ils situent l’étude dans le contexte français récent : mission de refondation de la santé publique, dispositif article 51 de la LFSS 2018, portail des interventions probantes et prometteuses de Santé publique France, dynamique SFSP sur le déploiement des interventions probantes.

L’objectif est de mieux préciser ce qu’est la « mise à l’échelle » (MAE), d’identifier les stratégies réellement utilisées, de décrire les processus concrets et de repérer les facteurs qui favorisent ou freinent ce passage à l’échelle.

L’étude s’appuie sur 22 entretiens semi-directifs avec 27 expérimentateurs impliqués dans la mise à l’échelle de 19 interventions populationnelles complexes (CPS, addictions, parentalité, parcours de soins, etc.), au croisement des milieux associatifs, sanitaires, scolaires, médico-sociaux et institutionnels.

1.2. Apports opérationnels : une cartographie fine des stratégies, activités, catalyseurs et freins

Les résultats montrent que la mise à l’échelle est un processus actif, progressif et multidimensionnel qui touche à l’expansion territoriale, à la pérennisation et à l’adéquation au réel des interventions.

Trois grandes stratégies d’expansion (opportunisme, saupoudrage, systématisation), plusieurs options de pérennisation (autonomisation, acculturation des pratiques) et une tension constante entre fidélité au modèle et adaptation aux contextes sont décrites en détail.

Les auteurs identifient quatre types de décisions favorables (financement, soutien, engagement, adoption), deux grandes conformations organisationnelles (pyramidale, rayonnante) et huit activités essentielles de mise à l’échelle (communication, coordination, contractualisation, formation, outillage, actualisation, facilitation, monitorage).

Ils mettent en évidence six catalyseurs (confiance, caractère novateur, réalisme opérationnel, dynamique collective, opportunités politiques, personnes facilitatrices) et six inhibiteurs (interventions « gourmandes », sous-dotation, instabilité des acteurs, polyphonie décisionnelle, financements court-termistes, marché concurrentiel).

Enfin, la discussion articule ces résultats avec la sociologie de l’action publique, les approches de la « science des solutions » en recherche interventionnelle, les cadres de type scalability/scale-up et les enjeux médico-économiques, ouvrant des pistes pour mieux penser les décisions de mise à l’échelle.

2. Points clés du document 

  1. La mise à l’échelle, un processus actif et multidimensionnel

    La MAE est définie comme un processus non spontané qui suppose des efforts planifiés visant à augmenter la couverture géographique, à assurer la durabilité et à rendre l’intervention réalisable dans des conditions réelles, avec des adaptations encadrées.

    Les auteurs distinguent les dimensions espace (du local à l’international), temps (pérennisation, dispositifs de soutien) et réel (tests sur différents territoires et publics, ajustement aux contraintes de terrain).

    Pages clés : définition et dimensions de la MAE (p. S23–S25).

  2. Trois stratégies de diffusion territoriale : opportunisme, saupoudrage, systématisation

    Les expérimentateurs décrivent des stratégies allant de l’absence de planification (opportunisme) à la dispersion volontaire de l’intervention sur différents territoires (saupoudrage) jusqu’à une ambition de couverture quasi universelle (systématisation).

    Ces choix sont liés à des positionnements idéologiques (préservation stricte du modèle vs intégration aux pratiques ordinaires) et à des contraintes de ressources ou d’exigences des financeurs.

    Pages clés : stratégies d’expansion territoriale et débats sur l’intégrité/adaptation (p. S26–S28).

  3. Huit activités centrales à organiser pour réussir la mise à l’échelle

    L’article formalise huit activités indispensables : communication vers bénéficiaires, acteurs démultiplicateurs et décideurs ; coordination multi-niveaux ; contractualisation (financements, propriété intellectuelle, obligations de qualité) ; formation des opérateurs ; outillage (guides, supports, outils de suivi) ; actualisation des contenus ; facilitation (accompagnement, hotline, mentorat) ; monitorage qualitatif et quantitatif.

    Ces activités, souvent sous-estimées et sous-financées, structurent la fonction de « structure support » de l’intervention et conditionnent la qualité du déploiement.

    Pages clés : tableau des activités de MAE (Tableau 3, p. S28–S29).

  4. Six catalyseurs et six inhibiteurs : une vision réaliste des conditions de réussite

    Parmi les catalyseurs, l’article insiste sur : le label « probant », des résultats évaluatifs positifs, le respect de bonnes pratiques de santé publique, le caractère innovant, la forte adéquation aux contraintes de terrain, les dynamiques collectives, la concordance avec l’agenda politique et le rôle de personnes très engagées ou influentes.

    Du côté des freins, ressortent : le coût humain et financier des interventions, la sous-dotation des fonctions de mise à l’échelle, le turn-over des acteurs, l’absence d’« autorité harmonisatrice », les financements à court terme et la concurrence entre thématiques, interventions et porteurs.

    Pages clés : catalyseurs de la MAE (p. S31–S32) et inhibiteurs (p. S32–S33).

  5. Une interrogation critique des cadres d’évaluation et des choix politiques

    Les auteurs soulignent que l’évaluation est reconnaue comme indispensable, mais rarement mise en œuvre faute de temps, de moyens et de compétences, et que la pérennisation est très peu évaluée.

    Ils questionnent la validité externe des résultats issus de dispositifs expérimentaux dérogatoires (article 51, expérimentations), et pointent un « tabou économique » : la dimension médico-économique de la MAE est centrale dans le discours, mais très peu explorée en pratique.

    Pages clés : section sur l’évaluation, dispositifs expérimentaux et discussion sur les enjeux médico-économiques et politiques (p. S30–S34).

3. Pistes d’action pour les acteurs locaux 

  1. Formaliser une stratégie de diffusion et de couverture dès la phase pilote (p. S26–S28)

    Pour un porteur d’intervention ou une collectivité, il est utile de clarifier tôt si l’objectif est une diffusion opportuniste, un saupoudrage pour occuper le terrain, ou une systématisation visant une couverture maximale, et d’expliciter les critères de priorisation des territoires.

    Cela permet de négocier des financements et des partenariats sur une base plus lisible, et d’ajuster les attentes des acteurs locaux.

  2. Mettre en place une « structure support » avec mandat clair et moyens dédiés (p. S28–S30)

    Pour une association nationale, une ARS, une fédération ou un GIP, la création d’une structure support formalisée (pyramidale ou rayonnante) permet de centraliser coordination, formation, outillage, facilitation et monitorage.

    Cette structure doit disposer de temps dédié, de compétences en ingénierie de formation, en suivi-évaluation et en animation de réseau, et bénéficier d’un financement pluriannuel.

  3. Outiller la fidélité/ adaptation : définir les « fonctions clés » de l’intervention (p. S27–S28)

    Les acteurs locaux peuvent travailler, avec les concepteurs, à identifier explicitement ce qui est non négociable (principes, séquences, modalités d’animation) et ce qui peut être adapté (exemples, supports, formats logistiques) pour faciliter l’appropriation sans diluer l’effet.

    Ce travail peut s’appuyer sur des outils existants de type ISAT (Intervention Scalability Assessment Tool) qui intègrent des dimensions de fidélité/adaptation et d’infrastructure d’implantation.

  4. Intégrer le monitorage simple dans les routines de terrain (p. S29–S31)

    Les équipes locales peuvent construire des tableaux de bord minimalistes : nombre de séances, publics atteints, acteurs formés, abandons, difficultés rencontrées, mesures simples de satisfaction, pour documenter la couverture et repérer les zones de fragilité.

    Cela donne aux porteurs des arguments concrets dans les discussions avec les financeurs et permet d’anticiper les besoins d’accompagnement ou de réajustement.

  5. Travailler l’inscription dans l’agenda politique et les alliances (p. S31–S34)

    Les responsables de programmes peuvent cartographier les agendas (communal, départemental, régional, national) et identifier les fenêtres d’opportunité où l’intervention répond à une priorité affichée (harcèlement scolaire, addictions, santé mentale, inégalités sociales de santé, etc.).

    Ils peuvent aussi mobiliser des « entrepreneurs-frontière » (acteurs capables de jouer sur plusieurs registres : scientifique, politique, associatif) pour porter la cause et sécuriser des décisions de soutien ou d’adoption.

4. Références complémentaires 

  1. Guide pratique de montée en charge d’interventions populationnelles

    Milat A, Lee K, Conte K, et al. Intervention Scalability Assessment Tool: A decision support tool for health policy makers and implementers. Health Research Policy and Systems, 2020.

    Bien que daté de 2020, l’ISAT est à jour, largement mobilisé et toujours référencé en 2024–2025 comme outil central pour juger de la scalabilité d’une intervention (parties A, B et C couvrant pertinence, modalités de mise en œuvre, durabilité).  6 https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6942323/ 

  2. Synthèse récente sur les cadres de mise à l’échelle en santé publique

    Stevens N, Alla F, Bergeron H. Synthesis of conceptual, methodological and pedagogical works on scaling up public health interventions. Canadian Journal of Public Health, 2025 (en ligne).

    Cette revue (2000–2021) propose une nouvelle définition de la mise à l’échelle, identifie 29 facteurs de succès, 28 obstacles et 10 phases de travail, utile pour situer le présent article dans un paysage plus large. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41184972/

5. Analyse transversale — valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : le document reste dense, académique et conceptuel, sans outils directement conçus pour des publics à faible littératie en santé ; il s’adresse plutôt à des professionnels expérimentés.

  • Empowerment : la parole des bénéficiaires finaux (citoyens, patients, usagers) est très peu présente ; l’analyse se concentre sur les acteurs institutionnels, associatifs et professionnels impliqués dans la MAE.

  • Participation : la participation est évoquée essentiellement via les dynamiques collectives entre structures et équipes, plus que via des dispositifs de co-construction avec les publics cibles.

  • Santé communautaire : la dimension communautaire apparaît indirectement dans certaines interventions (quartiers prioritaires, programmes CPS, parentalité), mais la réflexion reste centrée sur la gouvernance et les systèmes plutôt que sur l’action communautaire autonome.

  • Éthique : l’article mentionne les enjeux d’équité, de bon usage des ressources et de bonnes pratiques de santé publique, mais n’aborde pas de manière approfondie les biais culturels ou sociaux.

  • Droits humains : l’équité et la réduction des inégalités sont présentes en filigrane (visée populationnelle, nécessité de sortir du statut expérimental), mais la référence explicite aux droits humains est limitée.

  • Intersectorialité : plusieurs interventions impliquent santé, éducation, social, associatif et collectivités, mais l’analyse ne détaille pas des dispositifs intersectoriels formalisés de type « santé dans toutes les politiques ».

  • Partenariat : les modèles de collaboration (structures support, réseaux, conformations pyramidale/rayonnante) sont clairement décrits, avec une attention aux rôles et à la distribution des tâches.

  • Lutte contre les discriminations : le texte n’aborde pas explicitement les discriminations (genre, origine, handicap, orientation sexuelle) ; la diversité et le non-jugement ne sont pas au cœur de l’analyse.

6. Évaluation de la fiabilité de la ressource

Pertinence scientifique

  • Qualité des sources et ancrage théorique : l’article mobilise une littérature internationale abondante sur la mise à l’échelle, la diffusion des innovations, la recherche interventionnelle en santé des populations, la sociologie de l’action publique et les sciences de gestion/marketing.

  • Méthodologie : étude qualitative rigoureuse, 22 entretiens, 27 acteurs, 19 interventions variées, analyse thématique structurée articulant cadre théorique préexistant et ouverture inductive, avec inférence abductive et discussion collective des résultats.

  • Actualité des données : entretiens menés en 2023, article accepté en 2025 et publié en 2026, ce qui le rend très à jour par rapport aux dynamiques institutionnelles françaises (article 51, portail SPF, démarches SFSP).

  • Limites : absence de triangulation par observation ou analyse documentaire, concentration sur des interventions déjà repérées comme en cours de MAE, pas d’analyse quantitative systématique des effets de mise à l’échelle.

Pertinence opérationnelle

  • Utilisabilité directe : le texte propose une cartographie fine des activités et des organisations nécessaires à la MAE, très utile pour concevoir un dispositif de déploiement, mais sans fournir d’outils prêts à l’emploi (check-lists, modèles de contrat, grilles de suivi).

  • Transférabilité : même si l’ancrage est français, les logiques décrites (stratégies, catalyseurs, freins) sont facilement transposables à d’autres contextes, sous réserve d’adapter les références institutionnelles.

  • Public cible : convient surtout à des responsables de programmes, cadres, chargés de mission ou chercheurs ; moins directement accessible pour des intervenants de terrain sans accompagnement.

Globalement, la ressource est fiable scientifiquement et opérationnellement utile, à condition de la compléter par des guides/outils dédiés et des supports de traduction pour les équipes non familières avec la recherche interventionnelle.

7. QCM — 5 questions

Partie 1 — Questions (sans réponses)

Question 1 (p. S23–S25)

Dans cet article, la mise à l’échelle (MAE) d’une intervention de santé publique est principalement décrite comme :

a) Un prolongement automatique d’une intervention probante

b) Un processus actif, progressif et multidimensionnel

c) Une simple augmentation du budget d’une intervention

d) Un transfert de compétence des chercheurs vers les élus

Question 2 (p. S26–S28)

Parmi les stratégies d’expansion territoriale identifiées, laquelle vise explicitement à disséminer l’intervention « un peu partout » sans viser une couverture exhaustive ?

a) La systématisation

b) L’opportunisme

c) Le saupoudrage

d) La concentration ciblée

Question 3 (p. S28–S29)

Laquelle des activités suivantes fait partie des huit activités au cœur de la mise à l’échelle décrites dans l’article ?

a) L’audit financier externe systématique

b) La contractualisation entre acteurs impliqués

c) La rotation annuelle des équipes d’animation

d) La substitution de tous les outils existants

Question 4 (p. S31–S33)

Parmi les freins à la mise à l’échelle décrits par les expérimentateurs, lequel est mis en avant comme limitant majeur ?

a) L’absence de tout intérêt politique pour la santé

b) L’excès de temps disponible chez les acteurs

c) Le coût humain et financier des interventions et de la MAE

d) La trop grande stabilité des équipes locales

Question 5 (p. S30–S34)

Que soulignent les auteurs à propos des dispositifs expérimentaux (ex. article 51) utilisés pour évaluer les interventions et leur mise à l’échelle ?

a) Ils garantissent toujours une excellente validité externe

b) Ils sont inutiles pour la mise à l’échelle

c) Ils créent des conditions favorables qui ne reflètent pas toujours le « monde réel »

d) Ils remplacent le besoin de toute autre forme d’évaluation

Partie 2 — Correction commentée

Question 1 (p. S23–S25)

Dans cet article, la mise à l’échelle (MAE) d’une intervention de santé publique est principalement décrite comme :

✅ Réponse correcte : b) Un processus actif, progressif et multidimensionnel

📝 Explication : Les auteurs insistent sur le fait que la MAE « ne va pas de soi » et ne constitue pas l’évolution naturelle d’une intervention, mais un processus qui demande des efforts délibérés dans l’espace, le temps et le réel.

Question 2 (p. S26–S28)

Parmi les stratégies d’expansion territoriale identifiées, laquelle vise explicitement à disséminer l’intervention « un peu partout » sans viser une couverture exhaustive ?

✅ Réponse correcte : c) Le saupoudrage

📝 Explication : La stratégie de saupoudrage cherche à disperser l’intervention sur différents territoires sans viser une couverture totale, en se focalisant sur la présence dans de nombreux endroits plutôt que sur l’exhaustivité.

Question 3 (p. S28–S29)

Laquelle des activités suivantes fait partie des huit activités au cœur de la mise à l’échelle décrites dans l’article ?

✅ Réponse correcte : b) La contractualisation entre acteurs impliqués

📝 Explication : La contractualisation (conventions, contrats de financement, clauses de respect de l’intégrité) est identifiée comme l’une des huit activités essentielles à la MAE, au même titre que la communication, la coordination ou la formation.

Question 4 (p. S31–S33)

Parmi les freins à la mise à l’échelle décrits par les expérimentateurs, lequel est mis en avant comme limitant majeur ?

✅ Réponse correcte : c) Le coût humain et financier des interventions et de la MAE

📝 Explication : Les interventions sont décrites comme « gourmandes » en temps, en formation, en accompagnement et en suivi, et les activités de MAE sont fréquemment sous-dotées, ce qui freine fortement le déploiement.

Question 5 (p. S30–S34)

Que soulignent les auteurs à propos des dispositifs expérimentaux (ex. article 51) utilisés pour évaluer les interventions et leur mise à l’échelle ?

✅ Réponse correcte : c) Ils créent des conditions favorables qui ne reflètent pas toujours le « monde réel »

📝 Explication : Les auteurs notent que ces dispositifs dérogatoires contrôlent fortement les conditions (sélection des sites, choix des opérateurs, protocole strict), ce qui peut brouiller la validité externe et poser la question de ce qui est réellement observé.

8. Foire aux questions (FAQ)

  1. À qui s’adresse ce document en priorité ? (p. S21–S24)

    Il s’adresse en priorité aux concepteurs d’interventions, coordinateurs associatifs, responsables de programmes institutionnels, cadres des ARS, services de PMI, structures de soins et chercheurs impliqués dans la mise à l’échelle d’interventions populationnelles.

  2. Quelles interventions ont été étudiées pour documenter la mise à l’échelle ? (p. S25–S27)

    Dix-neuf interventions sont analysées, couvrant des champs variés : activité physique (I‑CAPS, Grand Défi Vivez Bougez), addictions (PRIMAVERA, UNPLUGGED), compétences psychosociales (PRODAS, SE&SR, GBG, COM’IN), parentalité (PANJO, PSFP), nutrition, parcours de soins (CECICS, OCTAVE), précarité menstruelle, etc.

  3. Quels profils d’acteurs ont été interrogés ? (p. S24–S25)

    Les 27 expérimentateurs sont concepteurs, référents, opérateurs, formateurs, évaluateurs, accompagnateurs, issus d’associations, d’agences nationales, de structures de soins, d’entreprises, avec des niveaux d’action du départemental au national.

  4. Quels sont les principaux leviers identifiés pour faciliter la mise à l’échelle ? (p. S31–S32)

    Les leviers incluent : un statut d’interventions « probantes » soutenu par des évaluations positives, un réalisme opérationnel fort, un caractère innovant attractif, des dynamiques collectives solides, une concordance avec l’agenda politique et le rôle de personnes fortement engagées et bien connectées.

  5. Quels obstacles majeurs doivent anticiper les porteurs de programmes ? (p. S32–S33)

    Ils doivent anticiper des interventions très exigeantes en ressources, une sous-dotation récurrente des fonctions de mise à l’échelle, un fort turn-over des acteurs, l’absence d’instance politique unificatrice, des financements courts et un contexte concurrentiel entre interventions et thématiques.

  6. Comment l’article aide-t-il à structurer un dispositif de mise à l’échelle ? (p. S28–S30)

    Il propose un découpage clair en décisions, organisations (conformations pyramidale/rayonnante) et huit activités clés (communication, coordination, contractualisation, formation, outillage, actualisation, facilitation, monitorage), qui peuvent servir de canevas pour organiser un dispositif opérationnel.

  7. Quels liens sont faits avec la recherche interventionnelle et la “science des solutions” ? (p. S33–S35)

    Les auteurs montrent que la mise à l’échelle questionne la façon de concevoir la recherche interventionnelle : science des interventions prêtes à l’emploi ou science des solutions à recomposer selon les contextes, et invitent à articuler la MAE avec des approches de type scalability et systèmes.

9. Réécriture en FALC 

9.1. Résumé FALC

Titre FALC

Mettre un programme de santé à grande échelle

Contexte et enjeux (simple)

Les auteurs parlent de programmes de santé qui marchent bien, mais restent souvent seulement dans un endroit.

Pour aider plus de personnes, il faut les utiliser dans beaucoup d’autres lieux.

Cela s’appelle « la mise à l’échelle ».

Ce n’est pas automatique. Cela demande du travail, du temps et de l’argent.

Les auteurs ont parlé avec des personnes qui ont déjà fait ce travail en France.

Apports opérationnels (simple)

Le texte explique comment les programmes peuvent se diffuser sur plusieurs territoires.

Il décrit les tâches à faire : informer, former, coordonner, suivre, adapter les outils.

Il montre ce qui aide : un programme solide, réaliste, bien évalué, soutenu par les décideurs.

Il montre aussi ce qui bloque : manque d’argent, changement d’équipes, projets en concurrence.

Ce texte donne des idées pour mieux organiser et financer la mise à l’échelle.

9.2. Points clés FALC

Point 1 – La mise à l’échelle est un vrai travail

  • Mettre à l’échelle, ce n’est pas juste copier un programme.

  • Il faut planifier, adapter et suivre le programme dans le temps.

  • Il faut penser au territoire, aux équipes et aux moyens.

Point 2 – Trois façons de diffuser un programme

  • Par opportunité : on saisit les occasions quand elles arrivent.

  • Par « saupoudrage » : le programme va un peu partout, mais pas partout.

  • Par systématisation : on veut que toutes les structures ciblées l’utilisent.

Point 3 – Huit tâches importantes

  • Informer les acteurs et les publics.

  • Coordonner les équipes à différents niveaux.

  • Faire des contrats entre structures.

  • Former les professionnels.

  • Fournir des outils prêts à l’emploi.

  • Mettre à jour les contenus.

  • Aider les équipes sur le terrain.

  • Suivre ce qui est fait et les résultats.

Point 4 – Ce qui aide

  • Un programme reconnu comme efficace.

  • Un programme faisable dans la réalité du terrain.

  • Des acteurs motivés et bien connectés.

  • Un sujet qui correspond aux priorités politiques du moment.

Point 5 – Ce qui bloque

  • Un programme trop lourd pour les équipes.

  • Pas assez d’argent pour la diffusion et le suivi.

  • Beaucoup de changements de personnes.

  • Des financements trop courts.

  • Des programmes qui se font concurrence.

#️⃣  #MiseALEchelle #Prévention #SantéPublique #RechercheInterventionnelle #PolitiquesPubliques #LittératieSanté #InégalitésDeSanté @PratiquesenSanté


Se connecter pour laisser un commentaire.