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Comment renforcer l’expertise au service du virage préventif ?

✍️ Haute Autorité de Santé (HAS) – Octobre 2025 - Note d'analyse prospective 2025
12 novembre 2025 par
Comment renforcer l’expertise au service du virage préventif ?
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔍💡 🔍💡Prendre le virage préventif, c’est donner à chacun les moyens d’améliorer sa santé et de réduire les inégalités. Décider sur des preuves, dialoguer entre acteurs et anticiper : découvrez les leviers pour réussir la prévention et la promotion de la santé en France ! - Prévention et santé publique : comment mieux utiliser les données probantes pour renforcer l’efficacité des actions ? Un cadre méthodologique et des outils concrets pour les acteurs de terrain.

Source 

ℹ️➕https://www.has-sante.fr/jcms/p_3702006/en/comment-renforcer-l-expertise-au-service-du-virage-preventif-note-d-analyse-prospective-2025 

Résumé analytique

Contexte et enjeux : les défis du virage préventif en France

La prévention et la promotion de la santé (PPS) sont des priorités de santé publique depuis des décennies, mais les résultats restent en deçà des attentes. Malgré de nombreuses initiatives, le déploiement et la pérennisation des actions peinent à se concrétiser, souvent par manque de données probantes sur leur efficacité et leur efficience. En France, seulement 29 % des Français estiment pouvoir agir pour éviter un cancer, alors que près de la moitié des cancers sont liés à des facteurs de risque évitables. Ce décalage souligne l’urgence de renforcer l’éclairage des décideurs par des données fiables et partagées. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) promeut la « décision informée par les données probantes » comme levier essentiel pour améliorer les systèmes de santé, mais deux obstacles majeurs persistent : l’absence d’un cadre de référence commun pour l’évaluation des interventions et un dialogue insuffisant entre les acteurs autour de ces données.

Apports opérationnels : une « boîte à outils » pour éclairer la décision

Pour répondre à ces enjeux, la HAS propose une « boîte à outils » destinée à tous les acteurs (effecteurs, évaluateurs, financeurs). Cet outil vise à :

  • Structurer l’évaluation des interventions en identifiant les données probantes nécessaires (efficacité, efficience, reproductibilité, externalités).
  • Anticiper l’évaluation en amont des interventions pour garantir la qualité des résultats et éviter les biais.
  • Favoriser le dialogue entre les parties prenantes grâce à un espace d’intermédiation inspiré du modèle australien (Australian Prevention Partnership Centre). L’objectif n’est pas d’uniformiser les évaluations, mais de soutenir les acteurs dans la sélection des données pertinentes, en adaptant les méthodes aux spécificités de chaque intervention. La HAS souligne également l’importance de rendre ces données accessibles et compréhensibles pour tous, notamment via des synthèses claires et des accompagnements personnalisés.

Points clés du document

  • Prioriser l’évaluation : Les interventions de PPS doivent être évaluées avant leur déploiement, en intégrant des critères d’efficacité, d’efficience, et de transférabilité.
  • Créer un espace de dialogue : Un dispositif d’intermédiation est recommandé pour faciliter les échanges entre décideurs, évaluateurs et effecteurs, et éviter les redondances.
  • Adapter les outils aux contextes locaux : Le cadre proposé est flexible pour s’appliquer à des initiatives variées, des programmes nationaux aux actions locales.
  • Renforcer la culture de l’évaluation : La HAS insiste sur la nécessité de former les acteurs et de rendre les données probantes accessibles, par exemple via des registres comme ReperPrev.
  • Intégrer la dimension économique : L’analyse coût-bénéfice et le retour sur investissement (ROI) sont des leviers pour convaincre les financeurs et optimiser les ressources.

Pistes d’action pour les acteurs locaux

  1. Utiliser le cadre de référence pour identifier les données probantes nécessaires à la décision, en s’appuyant sur les quatre catégories proposées (efficacité, données économiques, conditions de succès, externalités).
  2. Anticiper l’évaluation dès la conception des interventions, en allouant un budget spécifique (5 à 20 % du budget total, selon Promotion Santé Suisse).
  3. Mobiliser les bases de données existantes (SNDS, cohortes) pour réduire les coûts et faciliter les évaluations.
  4. S’inspirer des modèles internationaux comme l’Australian Prevention Partnership Centre pour structurer le dialogue et l’intermédiation autour des données.

Références complémentaires

  1. La prise de décision éclairée par des données probantes en santé publique - https://www.nccmt.ca/fr/tools/eiph

  2. ReperPrev.fr : le registre des interventions en prévention et promotion de la santé - https://www.santepubliquefrance.fr/a-propos/services/reperprev.fr-le-registre-des-interventions-en-prevention-et-promotion-de-la-sante

  3. Public Health Wales – Retour sur investissement en prévention : Rapport 2025 Exemples concrets d’analyses économiques pour guider les investissements en prévention.

  4. The UK’s independent body for wellbeing evidence, policy and practice - https://whatworkswellbeing.org/

Analyse transversale (Pratiques en Santé)

  • Littératie : Le document propose des outils pour adapter les données aux niveaux de compréhension variés, mais leur accessibilité reste un défi pour les publics vulnérables.
  • Empowerment : Les bénéficiaires ne sont pas directement impliqués dans la conception des outils, mais leur participation est encouragée via des espaces de dialogue.
  • Participation : La co-construction est mentionnée comme un objectif, mais peu de mécanismes concrets sont détaillés.
  • Santé communautaire : L’approche intersectorielle (santé, éducation, urbanisme) est soulignée, mais son opérationnalisation dépendra des acteurs locaux.
  • Éthique : Les biais culturels et sociaux sont identifiés, mais leur traitement reste à préciser dans les évaluations.
  • Droits humains : L’équité et l’inclusion sont des principes centraux, mais leur application dépendra de l’appropriation des outils par les territoires.
  • Intersectorialité : Des partenariats avec des acteurs non sanitaires (collectivités, associations) sont recommandés pour une approche globale.
  • Partenariat : Le modèle australien inspire la création d’un espace d’intermédiation, mais son portage institutionnel en France reste à définir.

Synthèse : Ce document offre un cadre solide pour renforcer l’expertise en prévention, mais son impact dépendra de l’engagement des acteurs et de l’adaptation des outils aux réalités territoriales.

Évaluation de la fiabilité de la ressource
  • Pertinence scientifique : Le document s’appuie sur des références internationales (OMS, MRC) et des retours d’expérience (Australie, Pays de Galles).
  • Pertinence opérationnelle : Les propositions sont concrètes (boîte à outils, espace de dialogue), mais leur mise en œuvre nécessitera des ressources et une coordination renforcée.
  • Actualité des données : Les exemples et références sont récents (2024-2025), et le cadre est conçu pour évoluer avec les connaissances.

QCM pour professionnels et bénévoles

Thème : Utilisation des données probantes en prévention et promotion de la santé. Niveau : Intermédiaire. Public : Professionnels et bénévoles impliqués dans des actions de prévention.

Partie 1 : Questions

Question 1 : Quel est l’objectif principal de la « décision informée par les données probantes » en PPS ? 

a) Uniformiser toutes les évaluations des interventions. 

b) Éclairer les décideurs en combinant rigueur scientifique et contexte local. 

c) Remplacer l’expertise professionnelle par des algorithmes. 

d) Limiter les évaluations aux interventions médicales.

Question 2 : Selon la HAS, quel pourcentage du budget d’un projet de prévention devrait être alloué à son évaluation ? 

a) 5 à 20 %. 

b) 1 à 5 %. 

c) 20 à 30 %. 

d) Aucun budget spécifique n’est nécessaire.

Question 3 : Quel outil est proposé pour faciliter l’accès aux interventions évaluées en France ? 

a) Le Nutri-Score. 

b) Le SNDS. 

c) Le registre ReperPrev. 

d) Le Portail CAPS.

Question 4 : Pourquoi est-il important d’anticiper l’évaluation d’une intervention de PPS ? 

a) Pour réduire les coûts de collecte des données. 

b) Pour garantir la qualité des résultats et éviter les biais. 

c) Pour accélérer le déploiement sans attendre les résultats. 

d) Pour uniformiser les méthodes d’évaluation.

Question 5 : Quel modèle international inspire la création d’un espace de dialogue en France ? 

a) Le NHS britannique. 

b) L’Australian Prevention Partnership Centre. 

c) Le CDC américain. 

d) L’OMS Europe.

Partie 2 : Correction commentée

Question 1 : ✅ Réponse correcte : b) Éclairer les décideurs en combinant rigueur scientifique et contexte local. 📝 Explication : La décision informée par les données probantes vise à utiliser des preuves scientifiques tout en tenant compte des spécificités locales, sans uniformiser les évaluations.

Question 2 : ✅ Réponse correcte : a) 5 à 20 %. 📝 Explication : Promotion Santé Suisse recommande d’allouer 5 à 20 % du budget à l’évaluation pour garantir sa qualité et sa pertinence.

Question 3 : ✅ Réponse correcte : c) Le registre ReperPrev. 📝 Explication : ReperPrev recense les interventions de PPS évaluées, classées par niveau de preuve, pour aider les décideurs.

Question 4 : ✅ Réponse correcte : b) Pour garantir la qualité des résultats et éviter les biais. 📝 Explication : L’anticipation permet de collecter les bonnes données et d’éviter les reconstructions a posteriori, qui peuvent fausser les résultats.

Question 5 : ✅ Réponse correcte : b) L’Australian Prevention Partnership Centre. 📝 Explication : Ce centre australien sert de modèle pour structurer le dialogue entre acteurs et favoriser l’utilisation des données probantes.

Foire Aux Questions (FAQ)

  1. Pourquoi les données probantes sont-elles essentielles en prévention ? Elles permettent de prioriser les interventions efficaces, d’optimiser les ressources, et de réduire les inégalités de santé en s’appuyant sur des preuves plutôt que sur des présomptions.

  2. Comment adapter les outils proposés par la HAS à une petite collectivité locale ? Le cadre de référence est conçu pour être flexible : une collectivité peut se concentrer sur les critères les plus pertinents pour son contexte (ex. : efficacité et acceptabilité) et utiliser des méthodes simplifiées d’évaluation.

  3. Quels sont les risques de ne pas évaluer une intervention de PPS ? Risque de gaspillage de ressources, d’inefficacité, voire d’effets négatifs (ex. : stigmatisation, accroissement des inégalités).

  4. Comment impliquer les bénéficiaires dans l’évaluation ? En créant des espaces de dialogue (ateliers, enquêtes) pour recueillir leur feedback et adapter les interventions à leurs besoins.

  5. Quels sont les freins à l’utilisation des données probantes en France ? Manque de culture de l’évaluation, ressources limitées, et cloisonnement entre acteurs. La HAS propose des outils pour surmonter ces obstacles.

  6. Comment financer l’évaluation d’une intervention locale ? En intégrant un budget dédié dès la conception (5 à 20 % du budget total) et en mobilisant des partenariats (ARS, caisses de sécurité sociale).

  7. Où trouver des exemples d’interventions évaluées ? Sur des registres comme ReperPrev ou via des initiatives comme les « Quick Buys » de l’OMS, qui listent des interventions à fort retour sur investissement.

Comment mieux utiliser les preuves scientifiques pour la prévention et la santé ?

(Un guide pour les professionnels et les bénévoles)

1. Pourquoi ce guide est important ?

En France, beaucoup d’actions sont faites pour prévenir les maladies. Par exemple :

  • Aider les gens à arrêter de fumer.
  • Encourager le sport.
  • Mieux manger.

Mais il y a un problème :

  • On ne sait pas toujours si ces actions marchent vraiment.
  • Parfois, on ne les évalue pas assez avant de les lancer.

Ce guide explique :

  • Comment vérifier si une action est utile.
  • Comment utiliser des preuves scientifiques (des informations fiables) pour prendre des décisions.

2. Qu’est-ce que les "preuves scientifiques" ?

Ce sont des informations qui montrent si une action fonctionne. Elles aident à :

  • Choisir les meilleures actions.
  • Éviter de gaspiller de l’argent.
  • Aider plus de personnes.

Exemple : Si une action aide les enfants à bouger plus, on peut la proposer dans d’autres villes.

3. Une "boîte à outils" pour évaluer les actions

La Haute Autorité de Santé (HAS) propose une boîte à outils. Cette boîte à outils aide à :

  • Poser les bonnes questions avant de lancer une action. Par exemple :

    • Est-ce que cette action marche ?
    • Combien ça coûte ?
    • Est-ce que tout le monde peut en bénéficier ?
  • Écouter tout le monde :

    • Les professionnels (médecins, travailleurs sociaux).
    • Les personnes concernées (les habitants, les familles).
  • Partager les résultats pour que tout le monde comprenne.

Cette boîte à outils est flexible :

  • Elle peut être utilisée pour des petites ou grandes actions.
  • Elle s’adapte aux besoins de chaque territoire.

4. Comment bien évaluer une action ?

Pour savoir si une action est utile, il faut :

  1. Préparer l’évaluation avant de commencer :

    • Prévoir un budget (entre 5 % et 20 % du coût total de l’action).
    • Choisir ce qu’on veut mesurer (ex. : le nombre de personnes aidées).
  2. Utiliser des méthodes simples :

    • Poser des questions aux participants.
    • Comparer avant et après l’action.
  3. Partager les résultats :

    • Expliquer clairement si l’action a marché ou non.
    • Dire ce qu’on peut améliorer.

Exemple : Si une ville veut aider les gens à arrêter de fumer, elle peut :

  • Compter combien de personnes ont arrêté.
  • Demander aux participants ce qu’ils en pensent.

5. Un espace pour discuter ensemble

La HAS propose de créer un espace de discussion. Dans cet espace, tout le monde peut :

  • Parler des actions :

    • Qu’est-ce qui marche ?
    • Qu’est-ce qui ne marche pas ?
  • Trouver des solutions ensemble :

    • Les professionnels, les élus, les habitants.

C’est inspiré d’un modèle australien : En Australie, un centre aide les gens à utiliser les preuves scientifiques pour prendre des décisions.

6. À retenir

  • Les preuves scientifiques aident à choisir les meilleures actions.
  • Il faut évaluer les actions avant, pendant et après.
  • Tout le monde doit pouvoir comprendre les résultats.

Pour aller plus loin :

  • Un site internet (ReperPrev) liste les actions qui ont été évaluées.
  • Des guides expliquent comment faire une évaluation simple.

Mots difficiles expliqués

  • Preuves scientifiques : Des informations qui montrent si quelque chose fonctionne.
  • Évaluer : Vérifier si une action est utile.
  • Budget : L’argent prévu pour une action.
  • Territoire : Une ville, un département, une région.

Images suggérées

Pour illustrer le texte, vous pouvez ajouter :

  • Une image de personnes qui discutent autour d’une table.
  • Un dessin d’une boîte à outils avec des symboles (graphiques, questionnaires).
  • Une photo d’une action de prévention (ex. : un atelier sport).

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