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À la croisée des chemins: Perspectives du financement public de la santé dans un contexte de fortes pressions budgétaires

Anurag Kumar, Jacopo Gabani, Alberto Marino, Julio Cesar Mieses Ramirez, Patrick Hoang-Vu Eozenou – The World Bank, novembre 2025
6 décembre 2025 par
À la croisée des chemins: Perspectives du financement public de la santé dans un contexte de fortes pressions budgétaires
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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💸🌍 Financement de la santé en crise : Comment les pays à faible et moyen revenu peuvent-ils maintenir l’accès aux soins face à la baisse de l’aide internationale ? Découvrez les leviers concrets pour transformer vos actions de prévention et renforcer l’engagement communautaire

Au coeur du sujet 

Résumé analytique 

Contexte et enjeux : Un état des lieux alarmant

Le rapport "At a Crossroads: Prospects for Government Health Financing Amidst Declining Aid" de la Banque mondiale met en lumière une crise majeure dans le financement de la santé dans les pays à faible revenu (LIC) et à revenu intermédiaire inférieur (LMIC). Malgré les objectifs ambitieux des Objectifs de Développement Durable (ODD), la couverture sanitaire universelle (UHC) reste hors de portée pour la majorité de ces pays. En 2024, les dépenses publiques et l’aide au développement pour la santé sont bien en deçà des besoins minimaux estimés : seulement 17,2 USD par habitant dans les LIC (contre un minimum requis de 60 USD) et 46,6 USD dans les LMIC (contre 90 USD). Cette insuffisance chronique de financement aggrave les inégalités d’accès aux soins et expose des millions de personnes à des dépenses catastrophiques de santé. La stagnation des budgets publics et la dépendance à une aide internationale en déclin créent un cercle vicieux, où les systèmes de santé peinent à répondre aux besoins essentiels, notamment en soins primaires et en prévention.

Apports opérationnels : Des pistes pour agir malgré les contraintes

Le rapport propose des solutions concrètes pour inverser cette tendance. Il souligne l’importance de réallouer les ressources vers des interventions à haut impact, comme les soins de santé primaires, et d’améliorer l’efficacité des dépenses en renforçant la coordination entre les acteurs publics et les donateurs. Par exemple, l’optimisation des budgets existants, la suppression des gaspillages, et l’alignement des financements sur les priorités nationales pourraient combler une partie du déficit. Le rapport insiste aussi sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources domestiques, notamment via des taxes sur les produits nocifs pour la santé (tabac, alcool, boissons sucrées), qui pourraient générer jusqu’à 420 milliards de dollars par an. Enfin, il encourage les pays à réformer leurs systèmes fiscaux pour augmenter les recettes publiques, tout en protégeant les dépenses de santé des pressions budgétaires.

Points à retenir

  1. Déficit de financement chronique : En 2024, les dépenses combinées des gouvernements et des donateurs ne couvrent que 30 % des besoins minimaux pour la UHC dans les LIC et 50 % dans les LMIC (p. 24-25).
  2. Impact de la baisse de l’aide internationale : L’aide au développement pour la santé (DAH) devrait chuter de 20 % d’ici 2030, aggravant les lacunes dans les pays les plus dépendants (p. 34-36).
  3. Priorité insuffisante accordée à la santé : La part des dépenses publiques allouée à la santé a diminué dans les LMIC (de 7,1 % en 2018 à 6,3 % en 2024) et stagné dans les LIC (6 %) (p. 26).
  4. Opportunités d’efficacité : Les pays peuvent réduire les coûts en optimisant les achats groupés, en améliorant l’exécution des budgets, et en recentrant les dépenses sur les soins primaires (p. 42-44).
  5. Taxes sur la santé : Augmenter les taxes sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées pourrait financer jusqu’à 40 % des besoins supplémentaires en santé dans les LMIC (p. 45).

Pistes d'action

  1. Utiliser les outils d’optimisation budgétaire : Appliquer les recommandations des pages 42-44 pour réallouer les fonds vers des interventions prioritaires, comme les soins primaires et la prévention.
  2. Renforcer la mobilisation des ressources domestiques : Mettre en place des taxes sur les produits nocifs (p. 45) et plaider pour une augmentation de la part du budget national dédiée à la santé.
  3. Améliorer la coordination avec les donateurs : Aligner les financements externes sur les priorités nationales pour éviter les doublons et les inefficacités (p. 43).
  4. Investir dans la prévention : Prioriser les programmes de santé communautaire et les campagnes de sensibilisation pour réduire les coûts à long terme (p. 47).

Autres références

  1. OMS – Rapport sur la couverture sanitaire universelle (2023) : Lien vers le rapport Complémentarité thématique : Suivi des progrès vers la UHC et analyse des inégalités d’accès aux soins.

  2. The Task Force on Fiscal Policy for Health – Health Taxes (2024) : Lien vers le rapport Complémentarité méthodologique : Stratégies pour financer la santé via des politiques fiscales.

  3. Banque mondiale – Human Capital Project : Lien vers le projet Complémentarité opérationnelle : Outils pour évaluer l’impact des investissements en santé sur le capital humain.

RESSOURCES ADDITIONNELLES

Analyse transversale

Les points de repères - https://pratiquesensante.odoo.com/blog/annonces-28/les-incontournables-de-pratiques-en-sante-pour-2025-2026-entre-choix-strategiques-et-valeurs-piliers-5132

Analyse transversale (Pratiques en Santé)

  • Littératie : Le document ne propose pas d’outils spécifiques pour adapter les messages de santé aux différents niveaux de compréhension.
  • Empowerment : Les bénéficiaires ne sont pas directement impliqués dans la conception des réformes, mais leur participation est encouragée via des mécanismes de redevabilité (p. 47).
  • Participation : Peu de détails sur les mécanismes de co-construction avec les communautés locales.
  • Santé communautaire : L’approche collective est soulignée, mais sans cadre formel pour les alliances locales.
  • Éthique : Les biais culturels et sociaux ne sont pas explicitement traités.
  • Droits humains : L’équité est mentionnée, mais sans analyse approfondie des discriminations.
  • Intersectorialité : Le rapport recommande des partenariats avec les secteurs de l’éducation et des finances (p. 45).
  • Lutte contre les discriminations : Le document n’aborde pas directement les discriminations, mais insiste sur l’inclusion via des politiques fiscales équitables.

Synthèse : Le rapport offre des pistes solides pour améliorer le financement de la santé, mais manque de détails sur l’inclusion des populations vulnérables et la lutte contre les discriminations.

Évaluation de la fiabilité de la ressource

  • Pertinence scientifique : Basé sur des données de la Banque mondiale, de l’OMS et de l’OCDE, avec des projections économiques robustes.
  • Pertinence opérationnelle : Propose des solutions concrètes et adaptées aux contraintes des LIC et LMIC.
  • Actualité : Données mises à jour jusqu’en 2025, avec des projections jusqu’en 2030.

Questions à choix multiples

Question 1 : Quel est le montant minimal estimé pour financer la couverture sanitaire universelle (UHC) par habitant dans les pays à faible revenu (LIC) en 2024 ?

a) 30 USD 

) 60 USD 

c) 90 USD 

d) 120 USD

Question 2 : Quelle est la part des dépenses publiques allouée à la santé dans les LMIC en 2024 ?

a) 5 % 

b) 6,3 % 

c) 7,1 % 

d) 8 %

Question 3 : Quelle stratégie est recommandée pour compenser la baisse de l’aide internationale ?

a) Augmenter les dépenses militaires 

b) Instaurer des taxes sur les produits nocifs pour la santé 

c) Réduire les salaires des soignants 

d) Privatiser les hôpitaux publics

Question 4 : Quel pourcentage de la population des LIC et LMIC souffre de difficultés financières en raison des dépenses de santé ?

a) 10 % 

b) 20 % 

c) 30 % 

d) 50 %

Question 5 : Quel est l’impact projeté de la baisse de l’aide internationale (DAH) d’ici 2030 ?

a) Une augmentation de 10 % 

b) Une stagnation 

c) Une baisse de 20 % 

d) Une disparition totale

Correction commentée

Question 1 : ✅ Réponse correcte : b) 60 USD 📝 Explication : Le rapport indique que les LIC nécessitent un minimum de 60 USD par habitant pour atteindre la UHC (p. 22).

Question 2 : ✅ Réponse correcte : b) 6,3 % 📝 Explication : La part des dépenses publiques dédiées à la santé dans les LMIC est passée de 7,1 % en 2018 à 6,3 % en 2024 (p. 26).

Question 3 : ✅ Réponse correcte : b) Instaurer des taxes sur les produits nocifs pour la santé 📝 Explication : Le rapport souligne que les taxes sur le tabac, l’alcool et les boissons sucrées pourraient générer des revenus supplémentaires significatifs (p. 45).

Question 4 : ✅ Réponse correcte : c) 30 % 📝 Explication : Près d’un tiers de la population des LIC et LMIC subit des difficultés financières en raison des dépenses de santé (p. 10).

Question 5 : ✅ Réponse correcte : c) Une baisse de 20 % 📝 Explication : La DAH devrait diminuer de 20 % d’ici 2030, selon les projections (p. 34).

Foire aux questions

  1. Pourquoi les dépenses de santé stagnent-elles dans les LIC et LMIC ? Réponse : En raison de la faible croissance économique, de l’endettement public élevé, et de la priorité insuffisante accordée à la santé dans les budgets nationaux (p. 26-28).

  2. Quels sont les pays les plus touchés par la baisse de l’aide internationale ? Réponse : Les pays d’Afrique subsaharienne et ceux dépendants de l’aide pour des programmes verticaux (VIH, paludisme) (p. 36-37).

  3. Comment les pays peuvent-ils compenser cette baisse ? Réponse : En optimisant leurs dépenses, en augmentant les taxes sur les produits nocifs, et en améliorant la collecte des recettes fiscales (p. 42-45).

  4. Quels sont les risques d’une sous-financement chronique de la santé ? Réponse : Aggravation des inégalités, résurgence des maladies évitables, et affaiblissement des systèmes de santé (p. 10-12).

  5. Quels outils sont proposés pour améliorer l’efficacité des dépenses ? Réponse : Achats groupés, suppression des gaspillages, et recentrage sur les soins primaires (p. 42-44).

  6. Comment impliquer les communautés locales dans ces réformes ? Réponse : Le rapport encourage la participation via des mécanismes de redevabilité, mais sans détail précis (p. 47).

  7. Quelle est la position de la Banque mondiale sur la privatisation des soins ? Réponse : La Banque mondiale insiste sur le rôle central des financements publics, tout en reconnaissant un rôle complémentaire au secteur privé (p. 16).


Facile à lire et à comprendre

À la croisée des chemins : L’argent pour la santé dans les pays pauvres

(Version Facile À Lire et À Comprendre - FALC)

1. Pourquoi parle-t-on de ce sujet ?

Dans les pays pauvres et les pays à revenus moyens, il n’y a pas assez d’argent pour soigner tout le monde. Cela pose un gros problème :

  • Beaucoup de gens ne peuvent pas aller chez le médecin quand ils sont malades.
  • Certains doivent payer très cher pour se soigner.
  • Cela les rend encore plus pauvres.

En 2024, chaque personne devrait avoir au moins 60 dollars par an pour avoir accès aux soins de base. Mais dans les pays les plus pauvres, il n’y a que 17 dollars par personne. C’est trois fois moins que ce qu’il faudrait.

2. Pourquoi est-ce que l’argent manque ?

Plusieurs raisons expliquent ce problème :

L’aide internationale baisse

Les pays riches donnent moins d’argent pour aider les pays pauvres à soigner leur population. D’ici 2030, cette aide pourrait baisser de 20 %. Cela veut dire que certains hôpitaux et centres de santé n’auront plus assez de médicaments ou de personnel.

Les gouvernements ne mettent pas assez d’argent dans la santé

Entre 2018 et 2024, la part du budget consacrée à la santé a diminué dans beaucoup de pays. Par exemple :

  • Dans les pays à revenus moyens, elle est passée de 7,1 % à 6,3 %.
  • Dans les pays pauvres, elle est restée bloquée à 6 %.

L’argent est mal utilisé

Parfois, l’argent existe, mais il n’est pas bien dépensé :

  • On dépense plus pour les grands hôpitaux que pour les centres de santé près des villages.
  • Certains médicaments ou équipements coûtent trop cher parce qu’ils ne sont pas achetés de manière intelligente.

3. Que peut-on faire pour améliorer la situation ?

Mieux utiliser l’argent disponible

Il faut : ✅ Acheter les médicaments en gros pour payer moins cher. ✅ Donner la priorité aux soins de base (comme les vaccins, les consultations pour les femmes enceintes et les enfants). ✅ Éviter le gaspillage : ne pas acheter des choses inutiles, bien gérer les stocks.

Trouver plus d’argent

Pour avoir plus d’argent, les gouvernements peuvent : 💰 Augmenter les taxes sur les produits mauvais pour la santé :

  • Cigarettes
  • Alcool
  • Boissons sucrées Cela peut rapporter beaucoup d’argent (jusqu’à 420 milliards de dollars par an !).

💰 Mieux collecter les impôts :

  • Beaucoup de gens et d’entreprises ne paient pas leurs impôts.
  • Si tout le monde payait, il y aurait plus d’argent pour les hôpitaux.

💰 Demander aux pays riches de continuer à aider :

  • Même si l’aide baisse, il faut mieux l’utiliser.
  • Par exemple, l’argent des donateurs doit aller là où les besoins sont les plus urgents.

Protéger les gens les plus pauvres

Il faut s’assurer que : 🛡️ Personne ne doit choisir entre se soigner et manger. 🛡️ Les soins de base doivent être gratuits pour ceux qui n’ont pas d’argent.

4. Exemples concrets

En Inde

Le gouvernement a créé des centres de santé gratuits dans les villages. Ces centres proposent :

  • Des soins pour les femmes enceintes.
  • Des vaccins pour les enfants.
  • Des contrôles pour les maladies comme le diabète.

Résultat : plus de gens se soignent, et cela coûte moins cher au gouvernement.

Au Burkina Faso

Le pays a supprimé les frais pour les soins des femmes enceintes et des enfants. Résultat :

  • Plus de femmes accouchent à l’hôpital.
  • Moins d’enfants meurent avant 5 ans.

5. Que peuvent faire les associations et les bénévoles ?

Vous pouvez aider en : 🔹 Sensibilisant les gens :

  • Expliquer pourquoi il faut se faire soigner tôt.
  • Dire où trouver des soins gratuits ou peu chers.

🔹 Surveillant comment l’argent est utilisé :

  • Vérifier que l’argent de la santé n’est pas volé ou gaspillé.
  • Demander des comptes clairs aux hôpitaux et aux gouvernements.

🔹 Organisant des actions locales :

  • Créer des groupes de parole pour que les gens puissent dire leurs besoins.
  • Travailler avec les mairies et les centres de santé pour améliorer les services.

6. Un message important

La santé, c’est un droit pour tous ! Même quand l’argent manque, il y a des solutions :

  • Mieux dépenser.
  • Trouver de nouvelles sources d’argent.
  • Protéger ceux qui ont le moins.

Ensemble, on peut faire en sorte que tout le monde ait accès aux soins !

7. Mots difficiles expliqués

Mot difficile Explication simple
Couverture sanitaire universelle (UHC) Quand tout le monde peut se soigner sans devenir pauvre.
Aide internationale L’argent que les pays riches donnent aux pays pauvres pour les aider.
Taxes De l’argent que les gens et les entreprises donnent au gouvernement pour payer les services publics (comme les hôpitaux).
Budget L’argent qu’un pays ou une famille prévoit de dépenser dans l’année.
Soins de base Les soins les plus importants : vaccins, consultations, médicaments essentiels.
Gaspillage Quand on dépense de l’argent pour des choses inutiles ou qu’on ne l’utilise pas bien.

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