🔄🏢83 % des tiers-lieux ont des partenariats avec les collectivités, mais 46 % peinent à pérenniser leur modèle économique. Ce guide propose des clés pour co-construire des espaces hybrides, mutualiser le foncier, et animer des écosystèmes locaux.
Les tiers-lieux, leviers de développement territorial
Les tiers-lieux, définis comme des espaces hybrides de coopération, d’innovation et de mutualisation, représentent aujourd’hui un réseau de près de 3 500 structures en France, dont 60% en dehors des métropoles. Ce guide, produit par France Tiers-Lieux en 2023, s’adresse aux collectivités territoriales pour les outiller dans l’accompagnement de ces projets. Il met en lumière leur rôle clé dans la revitalisation des territoires, la création d’emplois non délocalisables (24 727 emplois directs recensés), et la réponse aux enjeux de cohésion sociale, transition écologique et attractivité. Le document s’appuie sur des données chiffrées (49% du chiffre d’affaires des tiers-lieux provient de subventions publiques) et des retours d’expérience pour démontrer comment les collectivités peuvent faciliter l’émergence, le financement et l’animation de ces lieux, tout en évitant les écueils d’une institutionnalisation excessive.
Un cadre pour agir : postures, outils et partenariats
Le guide propose une boîte à outils pratique pour les élus et agents publics :
- Postures : passer d’une logique de pilotage à celle d’accompagnement, en favorisant la confiance, le décloisonnement des services et l’expérimentation.
- Outils : baux adaptés (emphytéotiques, BCUS), appels à manifestation d’intérêt ciblés, co-investissements avec des foncières solidaires, ou encore intégration de services publics (16% des tiers-lieux hébergent un service public).
- Méthodes : diagnostics partagés, acculturation des équipes via des visites apprenantes ou des formations (ex. : MOOC CNFPT), et décloisonnement des politiques publiques (culture, économie, social).
- Retours terrain : études de cas comme le Garage Moderne à Bordeaux (bail emphytéotique) ou La Caserne Bascule à Joigny (bail dérogatoire), illustrant des montages juridiques et financiers innovants.
L’accent est mis sur l’hybridation des activités (coworking, fabrication locale, culture, services publics) et la pérennisation des projets, avec des conseils pour éviter les faux pas (surinvestissement, précarisation des porteurs de projet, ou concurrence avec le tissu associatif existant).
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Références complémentaires
🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème les Tiers-Lieux ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/3-6-tiers-lieux
Points clés du document
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Définition et enjeux :
- Un tiers-lieu se caractérise par 5 invariants : hybridation d’activités, entrepreneuriat de territoire, ouverture inconditionnelle, coopération, expérimentation.
- Impact économique et social : 50 000 structures hébergées, 46% engagées dans l’économie circulaire, 137 000 bénévoles impliqués.
- Partenariats publics : 83% des tiers-lieux collaborent avec des collectivités, via des subventions (49% de leur CA), des mises à disposition foncières, ou des achats de prestations.
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Cadre juridique et financier :
- Outils fonciers : baux précaires (COP, AOT), baux emphytéotiques (18-99 ans), loyers progressifs, ou co-investissements via des SCIC.
- Financements : programmes nationaux (Fabriques de Territoire, DEFFINOV) et régionaux, fonds d’urgence (ex. : Makers contre le Covid-19).
- Animation : intégration de services publics (ex. : espaces France Services), décloisonnement des services communaux, formation des agents (ex. : Diplôme Universitaire "Espaces Communs").
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Gouvernance :
- Co-construction : implication des citoyens et acteurs locaux dès la phase de projet, via des comités de pilotage ou des instances citoyennes (ex. : Centre Communal d’Action Citoyenne à Auger-Saint-Vincent).
- Évaluation : mesure d’impact pour justifier des loyers décotés (ex. : Bail Commercial d’Utilité Sociétale).
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Innovations méthodologiques :
- Acculturation : visites de tiers-lieux, participation à des événements (Faire Tiers-Lieux), utilisation de ressources comme l’Observatoire des Tiers-Lieux.
- Expérimentation : droit à l’erreur, adaptation des cahiers des charges des aménageurs pour réserver des espaces à loyers modérés.
Axes de progrès
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Pour les collectivités :
- Former les équipes : modules spécifiques sur les tiers-lieux (CNFPT, Coopérative Tiers-Lieux) pour éviter les malentendus sur leur fonctionnement.
- Sécuriser les montages : anticiper les risques financiers des baux emphytéotiques (durée minimale de 25 ans recommandée) et éviter de transférer trop de responsabilités aux porteurs de projet.
- Articuler les échelles : coordonner les actions entre communes, intercommunalités et régions pour un maillage territorial cohérent.
- Évaluer l’impact : développer des indicateurs qualitatifs (lien social, attractivité) en complément des données quantitatives.
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Pour les porteurs de projet :
- Professionnalisation : se former à la gestion de projets hybrides (ex. : formation "Piloter un tiers-lieu" de la Coopérative Tiers-Lieux).
- Mutualiser les ressources : s’appuyer sur les réseaux régionaux (ex. : Coopérative Tiers-Lieux en Nouvelle-Aquitaine) pour bénéficier d’ingénierie et de retours d’expérience.
- Diversifier les revenus : combiner subventions, prestations de services et activités lucratives pour réduire la dépendance aux financements publics.
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Limites et vigilances :
- Équilibre pouvoir citoyen/institutionnel : éviter la récupération politique ou la standardisation des projets.
- Pérennité : prévoir des clauses de révision dans les conventions pour adapter les partenariats aux évolutions des besoins territoriaux.
- Inclusion : veiller à ce que les tiers-lieux ne deviennent pas des "clubs privés" en maintenant une ouverture inconditionnelle et des tarifs accessibles.