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SOLITUDES 2024 – Les fragilités relationnelles à l’épreuve des temporalités

✍️ Hadrien Riffaut (dir., CERLIS), Séverine Dessajan (CERLIS), Delphine Saurier (AUDENCIA), en collaboration avec Solen Berhuet et Sandra Hoibian (CRÉDOC), pour la Fondation de France – janvier 2025
2 octobre 2025 par
SOLITUDES 2024 – Les fragilités relationnelles à l’épreuve des temporalités
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🤝🕰️ L’isolement explose chez les plus vulnérables et devient un enjeu sanitaire national : comprendre ses cycles, c’est mieux prévenir 6 és sollicitent l’aide. Pour agir, ciblons temporalités, accès, initiative commune terrain et formation pro/bénévoles.  % des isolSeuls 3🕰️🔗

État des lieux et dynamiques d’isolement

L’étude établit que la solitude et l’isolement relationnel sont loin de baisser, touchant 12 % de la population et particulièrement les jeunes adultes, les personnes en situation de précarité et les chômeurs de longue durée. La variabilité des sentiments d’isolement évolue selon les cycles de vie, les saisons et les événements-clés (ruptures, maladie, chômage). Le rapport, croisant données quantitatives et entretiens de terrain, documente l’importance du sentiment d’abandon, d’exclusion ou d’inutilité — des indicateurs à surveiller directement pour améliorer le repérage terrain.

Pratiques, réponses individuelles et leviers d’action

Au quotidien, la routine agit souvent comme amortisseur de la solitude, mais le non-recours aux structures reste massif. L’essentiel des stratégies d’adaptation est individuelle (routines, sport, médias), tandis que l’accompagnement associatif n’atteint qu’une infime minorité. Le document appelle à une sensibilisation accrue, une prise en charge adaptée aux temporalités (notamment en hiver et lors des fêtes), et surtout à bâtir des passerelles opérationnelles et intersectorielles pour rompre l’isolement, avec des initiatives coordonnées et continues tout au long de l’année.

Source 

ℹ️➕ https://www.fondationdefrance.org/images/pdf/2025/etude-solitudes-2024_fdf.pdf 

Références complémentaires

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème : 

Points clés du document
  • L’isolement relationnel concerne 12 % des Français, sans baisse depuis 2023.
  • Le sentiment de solitude, en progression, touche 24 % de la population (notamment les jeunes et les précaires).
  • La saisonnalité et les moments-clés (hiver, fêtes, transitions de vie) amplifient le phénomène.
  • Seuls 3 % des personnes isolées font appel à des structures d’accompagnement.
  • L’efficacité des interventions passe par la mobilisation coordonnée de tous les acteurs locaux.
Pistes d’actions pour aller plus loin
  • Développer des campagnes de sensibilisation proactives pour briser les tabous et former acteurs et bénévoles au repérage précoce, notamment autour des marqueurs : sentiment d’inutilité, abandon, exclusion.
  • Adapter l’offre (accueil, dispositifs mobiles, horaires élargis) aux moments critiques : périodes hivernales, week-ends, périodes festives, transitions de vie.
  • Renforcer le maillage et la coordination locale entre associations, acteurs institutionnels, professionnels sociaux et sanitaires (ex : cellules coopération territoriale, intervention intersectorielle, relais numériques et physiques).
  • Favoriser l’accès au numérique et aux solutions innovantes pour maintenir et régénérer les liens, en ciblant l’inclusion des plus éloignés et la fracture technologique.
Analyse transversale selon les piliers de Pratiques en Santé

La littératie reste faiblement prise en compte ; l’information sur les ressources et droits est limitée et mal relayée. 

L’empowerment est abordé en creux : la mobilisation des personnes isolées passe par leur redonnation de pouvoir d’agir mais les dispositifs opérationnels restent modestes.

La participation est quasi absente côté personnes concernées ; elle émerge côté usagers associatifs mais reste éclatée. 

L’ancrage communautaire est évoqué comme levier mais non central ; des exemples de proximité existent sans structuration forte. 

L’éthique et les droits humains sont peu discutés, sinon par référence implicite aux non-recours et à la stigmatisation. 

La perspective intersectorielle et de partenariat est identifiée comme indispensable pour toute stratégie efficace, mais l’opérationnalisation reste à concrétiser. 

Synthèse : le document ouvre des pistes mais laisse entier le défi du passage d’une analyse structurante à des pratiques effectives, systématiques et coordonnées sur ces piliers.


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