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La mise en place de l’expérimentation « Territoires zéro non-recours »

Cour des comptes – octobre 2025
13 novembre 2025 par
La mise en place de l’expérimentation « Territoires zéro non-recours »
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔍💡 Lutter contre le non-recours aux droits sociaux : comment l'expérimentation « Territoires zéro non-recours » (TZNR) innove sur le terrain, malgré des défis majeurs en partage de données et coordination.

Source

ℹ️➕ https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-mise-en-place-de-lexperimentation-territoires-zero-non-recours 

Résumé et analyse

Résumé analytique

Contexte et enjeux : une réponse partenariale au non-recours aux droits sociaux

L’expérimentation « Territoires zéro non-recours » (TZNR), lancée en 2023 et encadrée par la loi 3DS, vise à réduire le non-recours aux prestations sociales en testant des méthodes d’« aller-vers » et de croisement de données dans 39 territoires. Portée par la DGCS, cette initiative s’appuie sur un budget de 21,6 M€ et une gouvernance partenariale associant collectivités, caisses de sécurité sociale et associations. Le non-recours touche plus de 30 % des éligibles à certaines aides, avec des taux atteignant 72 % pour la Complémentaire santé solidaire (CSS). L’enjeu est double : identifier les freins (complexité administrative, illettrisme, isolement) et mobiliser les acteurs locaux pour des solutions adaptées. L’audit de la Cour des comptes souligne une dynamique de terrain encourageante, mais révèle des retards liés à la protection des données et à l’hétérogénéité des systèmes d’information.

Apports opérationnels : outils et limites d’une innovation sociale

L’expérimentation a permis de déployer des actions concrètes (porte-à-porte, formations croisées, plateformes collaboratives) et de structurer une évaluation rigoureuse, pilotée par un comité scientifique et un consortium d’évaluateurs. Cependant, l’absence de cadre juridique clair pour les échanges de données et la faible interopérabilité des systèmes ont ralenti la mise en œuvre. La « communauté apprenante », espace d’échange entre territoires, est saluée pour son rôle dans la mutualisation des bonnes pratiques. Malgré ces avancées, la pérennisation du dispositif dépendra de la résolution des blocages techniques et juridiques, ainsi que de la capacité à essaimer les réussites locales.

Points clés du document

  • Dynamique partenariale : 39 territoires engagés, avec un cofinancement minimal de 20 % par les collectivités, et une implication active des services déconcentrés de l’État.
  • Innovations méthodologiques : Déploiement d’outils d’« aller-vers » (caravanes des droits, diagnostics partagés) et de formations croisées pour les professionnels.
  • Freins majeurs : Retards dans les échanges de données (RGPD, interopérabilité), absence de doctrine interministérielle partagée, et charge administrative pour les acteurs locaux.
  • Évaluation en cours : Collecte de données lancée en 2025 pour un premier rapport au Parlement en juin 2026, avec un focus sur les coûts évités et la participation des bénéficiaires.
  • Recommandation phare : Sécuriser juridiquement et opérationnellement les échanges de données pour les futures expérimentations sociales.

Pistes d’action pour les acteurs locaux

  1. Utiliser les outils existants : S’appuyer sur le kit national de partage de données et les modèles de conventions pour accélérer les croisements d’informations.
  2. Renforcer la formation : Organiser des sessions sur le RGPD et les outils numériques pour les équipes territoriales, en s’inspirant des retours de la « communauté apprenante ».
  3. Adapter les actions aux publics : Cibler les populations les plus éloignées (séniors, non-francophones) via des méthodes testées (porte-à-porte, ambassadeurs des droits).
  4. Anticiper les besoins techniques : Plaidoyer pour le développement d’API sécurisées et de plateformes interopérables, en collaboration avec la DINUM et les caisses nationales.

Références complémentaires

analyse et validité

Analyse transversale (Pratiques en Santé)

  • Littératie : Le document propose des outils adaptés (formations, guides simplifiés), mais leur accessibilité pour les publics en difficulté de lecture reste à évaluer.
  • Empowerment : Les bénéficiaires sont peu impliqués dans la conception des actions, malgré des enquêtes qualitatives prévues.
  • Participation : La co-construction est limitée aux acteurs institutionnels ; les associations locales jouent un rôle clé mais informel.
  • Santé communautaire : L’approche collective est renforcée par les partenariats (CCAS, bailleurs sociaux), mais les alliances avec le secteur santé sont peu formalisées.
  • Éthique : Les biais culturels et sociaux sont identifiés, mais les solutions proposées (pseudonymisation des données) restent techniques.
  • Droits humains : L’inclusion est au cœur du dispositif, mais l’équité dépendra de la généralisation des bonnes pratiques.
  • Intersectorialité : Partenariats recommandés avec les MDPH et les opérateurs de l’emploi, mais leur coordination reste inégale.

Synthèse : Le document répond partiellement aux critères, avec des avancées en participation et santé communautaire, mais des limites en empowerment et intersectorialité.

Évaluation de la fiabilité de la ressource

La ressource est fiable : elle s’appuie sur une méthodologie rigoureuse (audit de la Cour des comptes, données DREES, retours de terrain) et des sources actualisées (2025). Les recommandations sont opérationnelles, bien que les défis techniques et juridiques persistent.

quiz

QCM pour professionnels et bénévoles

Public cible : Acteurs de terrain en prévention sociale (niveau intermédiaire). Objectif pédagogique : Évaluer la compréhension des enjeux du non-recours et des leviers d’action de l’expérimentation TZNR.

Partie 1 : Questions

Question 1 : Quel est l’objectif principal de l’expérimentation « Territoires zéro non-recours » (TZNR) ? 

a) Réduire les dépenses sociales de l’État. 

b) Identifier et accompagner les personnes éligibles mais non-recourantes aux prestations sociales. 

c) Centraliser la gestion des aides sociales au niveau national. 

d) Remplacer les caisses de sécurité sociale par des plateformes numériques.

Question 2 : Quel frein majeur a ralenti le démarrage de l’expérimentation TZNR ? 

a) Le manque de financement des collectivités. 

b) L’opposition des associations locales. 

c) Les réticences liées à la protection des données (RGPD) et l’absence de cadre juridique clair.

d) La suppression des subventions européennes.

Question 3 : Quel outil innovant a été mis en place pour faciliter les échanges entre territoires ? 

a) Un logiciel de gestion comptable. 

b) La « communauté apprenante », plateforme collaborative de mutualisation. 

c) Un réseau social dédié aux bénéficiaires. 

d) Une application mobile de déclaration des revenus.

Question 4 : Quelle proportion de personnes éligibles ne recourt pas à la Complémentaire santé solidaire (CSS) ? 

a) 10 %. 

b) 30 %. 

c) 50 %. 

d) 72 %.

Question 5 : Quelle est la prochaine étape clé de l’évaluation de l’expérimentation TZNR ? 

a) La publication d’un rapport final en 2025. 

b) La remise d’un premier rapport au Parlement en juin 2026. 

c) L’abandon du dispositif en 2027. 

d) La généralisation immédiate à tous les départements.

Partie 2 : Correction commentée

Question 1 : ✅ Réponse correcte : b) Identifier et accompagner les personnes éligibles mais non-recourantes aux prestations sociales. 📝 Explication : L’expérimentation TZNR vise spécifiquement à réduire le non-recours via des actions ciblées et des partenariats locaux.

Question 2 : ✅ Réponse correcte : c) Les réticences liées à la protection des données (RGPD) et l’absence de cadre juridique clair. 📝 Explication : Les délais ont été causés par des blocages juridiques et techniques dans les échanges de données entre partenaires.

Question 3 : ✅ Réponse correcte : b) La « communauté apprenante », plateforme collaborative de mutualisation. 📝 Explication : Cet outil permet aux territoires de partager leurs expériences et bonnes pratiques.

Question 4 : ✅ Réponse correcte : d) 72 %. 📝 Explication : Ce taux élevé illustre l’ampleur du non-recours pour certaines prestations, justifiant l’expérimentation.

Question 5 : ✅ Réponse correcte : b) La remise d’un premier rapport au Parlement en juin 2026. 📝 Explication : Le calendrier prévoit une évaluation progressive, avec un premier bilan en 2026.

Foire aux questions

Foire Aux Questions (FAQ)

  1. Qu’est-ce que le non-recours aux droits sociaux ? Le non-recours désigne la situation où des personnes éligibles à des aides (RSA, CSS, etc.) n’en bénéficient pas, souvent par méconnaissance ou complexité administrative.

  2. Comment les territoires sont-ils sélectionnés pour l’expérimentation TZNR ? Les 39 territoires ont été choisis via un appel à projets national, en veillant à représenter des contextes variés (urbains, ruraux, outre-mer).

  3. Quels sont les publics prioritaires ciblés par TZNR ? Les séniors, jeunes précaires, non-francophones, et personnes isolées, identifiés comme les plus touchés par le non-recours.

  4. Quels outils concrets sont testés dans les territoires ? Porte-à-porte, formations croisées, plateformes numériques, et croisements de données pour repérer les non-recourants.

  5. Comment les acteurs locaux peuvent-ils s’impliquer ? En participant aux comités locaux, en utilisant les outils partagés (kit TZNR), et en adaptant les actions aux besoins spécifiques de leur public.

  6. Quels sont les défis techniques rencontrés ? L’interopérabilité des systèmes d’information et la sécurisation des échanges de données (RGPD).

  7. Quelles sont les perspectives après 2027 ? Une possible généralisation du dispositif, sous réserve des résultats de l’évaluation et des ajustements nécessaires.

FALC

Expérimentation "Territoires zéro non-recours" : Aider les personnes à obtenir leurs droits sociaux

Résumé analytique en FALC

1. Pourquoi cette expérimentation existe ?

En France, beaucoup de personnes ont droit à des aides sociales. Par exemple :

  • Le RSA (aide pour les personnes sans revenus).
  • La Complémentaire santé solidaire (aide pour payer les soins).
  • L’allocation pour les personnes âgées (Aspa).

Mais un problème existe : Plus de 3 personnes sur 10 qui ont droit à ces aides ne les demandent pas. Cela s’appelle le non-recours.

Pourquoi ?

  • Les démarches sont trop compliquées.
  • Les gens ne savent pas qu’ils ont droit à ces aides.
  • Certains ont peur ou honte de demander.

L’État a lancé une expérimentation : Elle s’appelle "Territoires zéro non-recours" (TZNR). Son but : Trouver ces personnes et les aider à obtenir leurs droits.

2. Comment ça marche ?

39 territoires testent des solutions :

  • Aller vers les gens : Des travailleurs sociaux ou des bénévoles vont les rencontrer. Par exemple :

    • À leur domicile.
    • Dans des lieux publics (marchés, gares).
    • Avec des "caravanes des droits" (camions qui informent sur les aides).
  • Former les professionnels : Les agents des mairies, des caisses d’allocations familiales (CAF) et des associations apprennent à mieux aider.

  • Travailler ensemble : Les mairies, la CAF, la Sécurité sociale et les associations partagent des informations. Cela permet de repérer les personnes qui ont droit à une aide mais ne la demandent pas.

  • Utiliser des outils simples : Des fiches, des guides et des formations pour expliquer les aides.

Points clés en FALC

  • 39 villes et départements participent à cette expérimentation.

  • L’État donne de l’argent (21,6 millions d’euros) pour aider ces territoires.

  • Les travailleurs sociaux et les bénévoles sont formés pour mieux informer.

  • Un problème important : Les règles pour partager les informations sur les personnes sont compliquées. Cela ralentit le travail.

  • Une bonne idée : Une plateforme en ligne appelée "communauté apprenante". Elle permet aux territoires de partager leurs expériences et leurs solutions.

  • Prochaine étape : Un rapport sera écrit en 2026. Il dira si cette expérimentation marche bien.

Exemples concrets

  • À Grigny (Essonne) : Des travailleurs sociaux sont allés chez 300 personnes âgées. Ils les ont aidées à demander l’Aspa et une complémentaire santé.

  • À Paris : Des formations ont été organisées pour les agents de la CAF et de la mairie. Plus de 300 personnes (bénévoles et professionnels) ont été formées.

Images pour illustrer

(Si possible, ajouter des pictogrammes ou des dessins pour :)

  • Une personne qui reçoit une aide.
  • Un travailleur social qui frappe à une porte.
  • Un groupe de personnes en formation.
  • Un ordinateur avec un cadenas (pour expliquer la protection des données).

Questions fréquentes en FALC

  1. C’est quoi le "non-recours" ? C’est quand une personne a droit à une aide mais ne la demande pas.

  2. Qui peut être aidé par cette expérimentation ?

    • Les personnes âgées.
    • Les familles modestes.
    • Les jeunes en difficulté.
    • Les personnes qui ne parlent pas bien français.
  3. Comment savoir si j’ai droit à une aide ? Vous pouvez :

    • Aller à la mairie.
    • Contacter la CAF.
    • Parler à un travailleur social.
  4. Est-ce que mes informations personnelles sont protégées ? Oui. Mais les règles sont strictes. C’est pour ça que parfois, ça prend du temps.

  5. Est-ce que cette expérimentation va continuer ? On ne sait pas encore. Un rapport sera fait en 2026. Il dira si ça marche bien.

  6. Comment les travailleurs sociaux font pour trouver les personnes ? Ils utilisent des listes (avec accord). Ils vont aussi rencontrer les gens directement.

  7. Est-ce que je peux participer ? Oui !

    • Si vous êtes bénévole, vous pouvez aider.
    • Si vous avez besoin d’aide, vous pouvez en parler à un travailleur social.

À retenir

Cette expérimentation veut aider les gens à obtenir ce à quoi ils ont droit. Mais il faut :

  • Simplifier les règles pour partager les informations.
  • Former plus de monde.
  • Continuer à aller vers les personnes qui ont besoin d’aide.

Vous voulez en savoir plus ? Parlez-en à votre mairie ou à un travailleur social.

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