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Information en santé – Bilan des forces et des faiblesses.

✍️ Mathieu MOLIMARD, Dominique COSTAGLIOLA, Hervé MAISONNEUVE – Janvier 2026 6 Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé
13 janvier 2026 par
Information en santé – Bilan des forces et des faiblesses.
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🔍💡📢 Désinformation en santé : un danger pour tous, des solutions pour agir. La désinformation en santé fragilise la confiance, met en danger la santé publique et polarise la société. Ce rapport propose 9 recommandations structurantes pour éduquer, former, informer et sanctionner efficacement. Un appel à l’action collective pour protéger la santé de tous.

Source :   Information en santé – Bilan des forces et des faiblesses. Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé  📜🔗LIEN 

Au coeur du sujet 

Résumé analytique 

Contexte et enjeux : la désinformation en santé, une menace systémique

La désinformation en santé s’est intensifiée avec la crise du Covid-19 et la viralité des réseaux sociaux, devenant un risque majeur pour la santé individuelle et collective. En France, comme ailleurs, elle alimente la défiance envers les institutions, favorise la résurgence de maladies évitables et fragilise la cohésion sociale. Le rapport souligne trois fragilités structurelles : une littératie scientifique et en santé insuffisante, une difficulté croissante à évaluer la fiabilité des sources, et un rapport à l’information bouleversé par le numérique. Les réseaux sociaux, principaux canaux d’information pour 53 % des 15-30 ans, diffusent des contenus sans filtre, souvent émotionnels et rapides, au détriment des faits et de la réflexion. Les acteurs de la désinformation exploitent ces failles, tandis que les scientifiques et professionnels de santé peinent à communiquer efficacement, faute de formation et de coordination. La désinformation touche tous les domaines : vaccination, cancer, alimentation, santé mentale, pratiques de soins non conventionnelles, et risques environnementaux, avec des conséquences parfois dramatiques sur les comportements de santé.

Apports opérationnels : une stratégie nationale en 9 recommandations

Le rapport propose une stratégie cohérente et opérationnelle, articulée autour de six piliers : Éducation, Formation, Information, Détection, Sanctions, Recherche. Parmi les leviers concrets, on retient la création d’un Info-Score Santé (modèle Nutri-Score) pour évaluer la qualité des sources d’information, la mise en place d’un Observatoire de l’information en santé, et le développement d’un système d’infovigilance pour repérer et contrer les fausses informations. Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer l’éducation à l’esprit critique dès le plus jeune âge, de former les professionnels de santé et les journalistes à la communication scientifique, et d’inverser le risque en sanctionnant les désinformateurs tout en protégeant les scientifiques. Une attention particulière est portée à la coordination entre acteurs, à la modernisation des outils de communication publique, et à la recherche en infodémiologie, discipline émergente essentielle pour comprendre et lutter contre les infodémies.

Points à retenir

  • Éducation et formation : Développer l’éducation à l’esprit critique, à la science et aux médias dès l’école et tout au long de la vie, et renforcer la formation des professionnels de santé, des journalistes et des cadres publics à la lutte contre la désinformation (p. 15, 20).
  • Info-Score Santé : Créer un indicateur de qualité des sources d’information en santé, sur le modèle du Nutri-Score, pour guider le public dans un paysage informationnel saturé (p. 29).
  • Observatoire de l’information en santé : Centraliser l’information fiable, coordonner les acteurs, et déployer une IA conversationnelle sur le portail Santé.fr modernisé (p. 30).
  • Infovigilance : Structurer un système de détection, vérification et réponse rapide aux fausses informations, en s’appuyant sur les agences sanitaires, les sociétés savantes et les plateformes numériques (p. 41).
  • Sanctions et protection : Appliquer rigoureusement les textes existants contre les désinformateurs, protéger les scientifiques victimes de harcèlement, et renforcer la régulation des médias et des réseaux sociaux (p. 46).

Pistes d'action

  • Les 9 recommanations
  • 1. Promouvoir l’éducation à l’esprit critique, à la science, à la santé et aux médias 

    • Développer une éducation à l’esprit critique dès le plus jeune âge et tout au long de la vie.
    • Intégrer la culture scientifique, la santé et l’éducation aux médias dans les programmes scolaires et périscolaires.
    • Former à la vérification des sources, à l’analyse des images et des vidéos, et à la compréhension de la viralité numérique. (p. 15)
  • 2. Renforcer la formation à la science, à l’esprit critique, à la littératie numérique et à la communication

    • Renforcer la formation scientifique, l’esprit critique et la littératie numérique dans tous les cursus d’enseignement supérieur.
    • Former les professionnels de santé et les scientifiques à la communication et à la gestion des controverses.
    • Moderniser la formation continue des professionnels de santé et renforcer celle des journalistes en santé. (p. 20)
  • 3. Élaborer un plan public d’information et de lutte contre la désinformation dans chaque institution

    • Mobiliser chaque acteur (agences, ministères, universités, établissements de santé, associations, etc.) pour qu’il rende public son propre plan d’information et de lutte contre la désinformation.
    • Définir des règles de communication, y compris la gestion des liens d’intérêts et les circuits de validation. (p. 39)
  • 4. Développer et déployer un Info-Score Santé

    • Créer un indicateur de qualité des sources d’information en santé, sur le modèle du Nutri-Score.
    • Permettre au public de s’orienter dans un paysage informationnel saturé grâce à une évaluation transparente et objective. (p. 29)
  • 5. Créer un Observatoire de l’information en santé

    • Centraliser l’information fiable en santé sur une plateforme accessible via le portail Santé.fr modernisé.
    • Intégrer une IA conversationnelle, un annuaire d’experts et un système d’infovigilance pour repérer et répondre aux fausses informations. (p. 30)
  • 6. Développer un système d’infovigilance au sein de l’Observatoire de l’information en santé

    • Structurer une organisation de signalement et de détection des fausses informations.
    • Analyser et qualifier les contenus trompeurs, puis organiser une réponse graduée, rapide et coordonnée. (p. 41)
  • 7. Inverser le risque : sanctionner les désinformateurs et protéger les scientifiques

    • Appliquer rigoureusement les textes existants contre les désinformateurs (charlatanisme, exercice illégal des professions de santé, etc.).
    • Protéger les scientifiques et les lanceurs d’alerte victimes de harcèlement ou de procédures-bâillons. (p. 46)
  • 8. Faire de l’infodémiologie une priorité de recherche via un PEPR (Programme et Équipement Prioritaire de Recherche)

    • Mieux comprendre les récits, les mécanismes algorithmiques, les comportements de santé et les stratégies de communication efficaces.
    • Structurer des recherches multidisciplinaires et multi-méthodologiques. (p. 48)
  • 9. Agir au niveau européen

  • Repenser la régulation des plateformes numériques, traitées comme des médias dotés d’une politique éditoriale.
  • Agir auprès des instances européennes pour intégrer l’infodémiologie dans les appels d’offres de recherche et renforcer les collaborations internationales. (p. 48)

Autres références

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème sur  Littératie en santé  ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/1-4-litteratie-en-sante-falc


RESSOURCES ADDITIONNELLES

Analyse transversale

Les points de repères -  📜🔗LIEN 

Analyse transversale selon les valeurs de Pratiques en Santé

  • Littératie : Le document propose des outils adaptés aux différents niveaux de compréhension, mais leur accessibilité aux publics vulnérables reste à renforcer.
  • Empowerment : Les bénéficiaires sont peu impliqués dans la conception des outils, bien que leur participation soit encouragée via les associations d’usagers.
  • Participation : La co-construction est évoquée, notamment via les sociétés savantes et les associations, mais les mécanismes concrets sont peu détaillés.
  • Santé communautaire : La dimension collective est intégrée, avec un accent sur les réseaux et alliances entre acteurs institutionnels et associatifs.
  • Éthique : Les biais culturels et sociaux sont identifiés, mais les propositions pour les traiter restent générales.
  • Droits humains : L’approche respecte les principes d’équité et d’inclusion, mais pourrait mieux cibler les populations marginalisées.
  • Intersectorialité : Le rapport recommande des partenariats entre santé, éducation, médias et recherche, mais leur formalisation reste à préciser.
  • Lutte contre les discriminations : La désinformation est analysée comme un vecteur de discriminations, mais les mesures spécifiques pour y remédier sont limitées.

Synthèse : Ce document offre une base solide pour une stratégie nationale, mais son application terrain nécessitera des adaptations locales et une attention particulière aux publics les plus vulnérables.

Évaluation de la fiabilité de la ressource

Ce rapport s’appuie sur 156 entretiens avec des acteurs variés (scientifiques, professionnels de santé, journalistes, institutions), une méthodologie rigoureuse, et des sources citées et actualisées. Les recommandations sont étayées par des constats partagés et des exemples concrets, et la transparence sur les conflits d’intérêts est assurée.

Questions à choix multiples

Partie 1 : Questions

Question 1 : Quel est l’objectif principal de l’Info-Score Santé ? a) Interdire les sources d’information non scientifiques b) Évaluer la qualité éditoriale des sources d’information en santé c) Remplacer les médias traditionnels par des plateformes numériques d) Sanctionner les journalistes qui diffusent de fausses informations

Question 2 : Parmi les propositions suivantes, laquelle est une recommandation du rapport pour lutter contre la désinformation ? a) Créer un nouveau délit de désinformation sanitaire b) Renforcer la formation à l’esprit critique et à la littératie numérique c) Supprimer tous les contenus santé des réseaux sociaux d) Confier la communication en santé uniquement aux industriels

Question 3 : Quel public est particulièrement vulnérable à la désinformation en santé selon le rapport ? a) Les personnes âgées de plus de 70 ans b) Les 15-30 ans, principaux utilisateurs des réseaux sociaux c) Les professionnels de santé d) Les chercheurs en épidémiologie

Question 4 : Quel outil est proposé pour coordonner la détection et la réponse aux fausses informations ? a) Un système d’infovigilance au sein de l’Observatoire de l’information en santé b) Une application mobile de signalement anonyme c) Un tribunal spécialisé dans la désinformation d) Un réseau de lanceurs d’alerte indépendants

Question 5 : Quelle mesure est préconisée pour protéger les scientifiques qui informent le public ? a) Leur interdire toute prise de parole médiatique b) Leur offrir une protection fonctionnelle et un soutien juridique c) Les obliger à signer une charte de neutralité absolue d) Les exclure des débats publics

Partie 2 : Correction commentée

Question 1 : ✅ Réponse correcte : b) Évaluer la qualité éditoriale des sources d’information en santé 📝 Explication : L’Info-Score Santé est un outil d’information fondé sur des critères publics et transparents, permettant d’évaluer la fiabilité des sources sans censure (p. 29).

Question 2 : ✅ Réponse correcte : b) Renforcer la formation à l’esprit critique et à la littératie numérique 📝 Explication : Le rapport insiste sur la nécessité de former tous les acteurs, y compris les professionnels de santé et les journalistes, à l’analyse critique et à la communication (p. 20).

Question 3 : ✅ Réponse correcte : b) Les 15-30 ans, principaux utilisateurs des réseaux sociaux 📝 Explication : Les réseaux sociaux sont la principale source d’information pour 53 % des 15-30 ans, les exposant davantage aux contenus non filtrés et émotionnels (p. 5).

Question 4 : ✅ Réponse correcte : a) Un système d’infovigilance au sein de l’Observatoire de l’information en santé 📝 Explication : Ce système a pour mission de repérer, vérifier et informer sur les fausses informations, en coordonnant les acteurs institutionnels et associatifs (p. 41).

Question 5 : ✅ Réponse correcte : b) Leur offrir une protection fonctionnelle et un soutien juridique 📝 Explication : Le rapport propose d’inverser le risque en protégeant les scientifiques qui informent, souvent victimes de harcèlement ou de procédures-bâillons (p. 46).


Foire aux questions

  1. Pourquoi la désinformation en santé est-elle un enjeu majeur ? Elle met en danger la santé publique, fragilise la confiance dans les institutions et polarise la société, avec des conséquences parfois dramatiques sur les comportements de santé (p. 5, 38).

  2. Quels sont les principaux canaux de diffusion de la désinformation en santé ? Les réseaux sociaux (Instagram, TikTok, YouTube), les influenceurs, les groupes militants, et certains médias généralistes (p. 35).

  3. Comment l’Info-Score Santé peut-il aider les professionnels de terrain ? Il offre un repère lisible pour orienter le public vers des sources fiables, et encourage les acteurs à améliorer la rigueur éditoriale de leurs contenus (p. 29).

  4. Quels publics sont les plus exposés à la désinformation ? Les jeunes (15-30 ans), les personnes avec une faible littératie en santé, et les publics vulnérables en quête de sens ou de solutions simples (p. 5, 34).

  5. Quelle est la différence entre mésinformation et désinformation ? La mésinformation relève de l’erreur non intentionnelle, tandis que la désinformation est une manipulation délibérée de l’information (p. 9).

  6. Comment les acteurs locaux peuvent-ils contribuer à la lutte contre la désinformation ? En relayant l’Info-Score Santé, en participant aux systèmes d’infovigilance, et en intégrant des modules d’éducation critique dans leurs actions (p. 16, 41).

  7. Quels sont les risques pour les scientifiques qui communiquent sur les réseaux sociaux ? Harcèlement, procédures-bâillons, et attaques ciblées, ce qui décourage la prise de parole publique (p. 27, 46).

Facile à lire et à comprendre

Information en santé : comprendre et agir contre les fausses informations

(Version Facile À Lire et À Comprendre – FALC)

1. C’est quoi ce rapport ?

Un groupe d’experts a écrit un rapport pour expliquer :

  • Pourquoi les fausses informations sur la santé sont dangereuses.
  • Comment mieux informer les gens.
  • Que faire pour arrêter la diffusion des fausses informations.

Qui a écrit ce rapport ? Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve. Quand ? En janvier 2026.

2. Pourquoi c’est important ?

Les fausses informations sur la santé peuvent :

  • Faire peur aux gens (exemple : sur les vaccins).
  • Faire croire à des traitements qui ne marchent pas.
  • Empêcher les gens de se soigner correctement.
  • Diviser les gens et faire perdre confiance aux médecins et aux scientifiques.

Où trouve-t-on le plus de fausses informations ? Sur les réseaux sociaux comme Instagram, TikTok ou YouTube. Qui est le plus touché ? Les jeunes (15-30 ans) et les personnes qui ont du mal à comprendre les informations scientifiques.

3. Que propose le rapport pour agir ?

A. Mieux éduquer tout le monde

  • À l’école :

    • Apprendre aux enfants à vérifier les informations.
    • Leur expliquer comment fonctionne la science.
    • Leur montrer comment repérer une fausse information.
  • Pour les adultes :

    • Former les médecins, les journalistes et les enseignants pour qu’ils sachent bien expliquer la santé.
    • Créer des outils simples (vidéos, jeux, fiches) pour aider tout le monde à comprendre.

B. Créer un "Info-Score Santé"

C’est comme le Nutri-Score pour la nourriture, mais pour les informations sur la santé.

  • Un code couleur (de A à E) pour savoir si une information est fiable.
  • Exemple :

    • A (vert) = Information très fiable.
    • E (rouge) = Information peu fiable ou fausse.

C. Un Observatoire de l’information en santé

Un lieu où trouver toutes les informations fiables sur la santé.

  • Un site internet facile à utiliser : Santé.fr
  • Une aide pour poser des questions (comme un chatbot).
  • Une liste d’experts pour répondre aux questions des journalistes et du public.

D. Mieux détecter les fausses informations

  • Un système d’alerte pour repérer rapidement les fausses informations.
  • Une équipe pour vérifier et corriger les erreurs.

E. Protéger ceux qui donnent les bonnes informations

  • Aider les scientifiques et les médecins qui sont attaqués parce qu’ils disent la vérité.
  • Sanctionner ceux qui mentent sciemment sur la santé.

4. Que peuvent faire les professionnels et les bénévoles ?

  • Utiliser l’Info-Score Santé pour choisir des informations fiables.
  • Relayer les bonnes informations sur les réseaux sociaux.
  • Organiser des ateliers pour apprendre à repérer les fausses informations.
  • Signaler les fausses informations aux autorités.

5. Questions fréquentes

1. C’est quoi une fausse information en santé ? C’est une information qui n’est pas vraie et qui peut faire du mal. Exemples :

  • "Les vaccins sont dangereux."
  • "Ce produit miracle guérit tout."

2. Comment savoir si une information est fausse ?

  • Vérifier la source : qui a écrit cette information ?
  • Chercher sur des sites officiels comme Santé.fr ou le site de l’OMS.
  • Demander à un médecin ou un pharmacien.

3. Pourquoi les gens croient aux fausses informations ?

  • Parce que c’est plus simple à comprendre que les vraies informations.
  • Parce que ça fait peur ou donne de l’espoir.
  • Parce que ça se partage très vite sur les réseaux sociaux.

4. Que risque-t-on à croire aux fausses informations ?

  • Ne pas se soigner correctement.
  • Avoir peur des vrais traitements.
  • Faire des choses dangereuses pour sa santé.

5. Comment aider les gens autour de moi ?

  • Leur montrer comment vérifier une information.
  • Leur parler des outils comme l’Info-Score Santé.
  • Les encourager à poser des questions à leur médecin.

6. En résumé

Les fausses informations sur la santé sont dangereuses.Tout le monde peut apprendre à les repérer.Il existe des outils pour trouver des informations fiables.Chacun peut agir pour arrêter la diffusion des fausses informations.

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