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GREVIO: Renforcer la protection et mieux lutter contre les violences sexuelles en France

✍️ Groupe d’Experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique du Conseil de l’Europe - septembre 2025
16 septembre 2025 par
GREVIO: Renforcer la protection et mieux lutter contre les violences sexuelles en France
Daniel Oberlé - Pratiques en santé Oberlé
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🚨👥 1 femme sur 3 en Europe a subi des violences physiques ou sexuelles ? En France, les progrès sont réels, mais les lacunes persistent. Voici ce que révèle le dernier rapport du GREVIO (2025) — et comment agir.

💡 3 enseignements clés : 

1️⃣ La prévention reste un parent pauvre : Malgré des avancées (éducation à la sexualité, sensibilisation dans le sport), les campagnes de prévention manquent de régularité et de ciblage, notamment auprès des jeunes et dans le numérique. 

2️⃣ La protection des victimes est inégale : Les ordonnances de protection et les dispositifs comme les téléphones grave danger sont sous-utilisés, et leur accès dépend souvent du lieu de résidence ou de la formation des agents. 

3️⃣ La justice peine à suivre : Taux de classement sans suite élevé pour les violences sexuelles (83 % des affaires), correctionnalisation des viols, et manque de formation des magistrats sur les dynamiques de la violence conjugale.

📢 Un appel à l’action : Le GREVIO exhorte la France à :

  • Renforcer la coordination entre acteurs (justice, santé, associations) pour éviter les failles dans le parcours des victimes.
  • Former systématiquement tous les professionnels (police, santé, justice) sur les violences fondées sur le genre et les discriminations intersectionnelles.
  • Financer durablement les associations et dispositifs spécialisés, notamment dans les Outre-mer.
  • Réformer la définition du viol pour la fonder sur l’absence de consentement, comme le recommande la Convention d’Istanbul.

Pratiques et définitions : enjeux pour la prévention

Le rapport analyse tous les dispositifs français en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, identifiant d’importants progrès législatifs (plan interministeriel, extension des dispositifs de protection, mobilisation post-MeToo). Toutefois, la juxtaposition des mesures et l’usage de terminologies variées (violences conjugales, intrafamiliales, sexistes, sexuelles) entravent une action cohérente et nuisent au partage d’indicateurs entre acteurs.

Il est souligné que la dimension intersectionnelle (ruralité, handicap, migration, Outre-mer) reste peu intégrée dans la prévention et le soutien, malgré quelques initiatives locales et associatives. Les auteurs encouragent une politique axée sur des indicateurs communs, une formation obligatoire pour tous les professionnels concernés, et une pleine coordination entre institutions, pour rendre les services accessibles à toutes.

Services, formation et réponse judiciaire

L’offre d’accompagnement progresse mais l’accès au logement, à la santé, aux aides économiques, et à la protection judiciaire demeure fragmenté, voire inaccessible pour les populations les plus précaires ou discriminées (femmes migrantes, handicap, Outre-mer). Le GREVIO met en avant le déficit de formation pour les magistrats, professionnels de santé et structures d’hébergement, en particulier pour la prise en charge des violences sexuelles et numériques. Les outils de suivi, la mesure de l’impact des politiques et la prévention primaire restent insuffisants – un risque majeur pour l’efficacité des interventions de terrain.

Source 
Références complémentaires

🔍➕ Pour plus d'informations, voir les articles référencés par "Pratiques en Santé" sur le thème de la lutte contre les violences ➡️🔗 https://pratiquesensante.odoo.com/2-2-lutte-contre-les-violences

Points clés du document
  • Définitions et indicateurs non harmonisés : complexité qui freine la coordination interprofessionnelle.
  • Dispositifs de protection (ordonnances, hébergement, aide financière) inégalement accessibles.
  • Formation des professionnels encore partielle ou non obligatoire, surtout sur l’intersectionnalité et la dimension numérique.
  • Manque d’évaluation systématique : absence d’indicateurs partagés, politiques morcelées, budgets flous.
  • Besoin criant de renforcer les dispositifs pour femmes en situation de handicap, migrantes, Outre-mer.
Pistes d'action pour acteurs locaux
  • Harmoniser toutes les définitions employées (plan, outils, signalement, formation) pour garantir l’articulation et la lisibilité des dispositifs de prévention.
  • Établir et diffuser une check-list claire pour le repérage, l’orientation et la protection, incluant les associations spécialisées dès la conception des dispositifs.
  • Mettre en œuvre une formation obligatoire et standardisée pour chaque métier en contact avec les victimes, et évaluer systématiquement ces actions.
  • Renforcer la prise en charge des publics spécifiques (handicap, migration, Outre-mer) : outils inclusifs, partenariats intersectoriels, accès effectif aux aides, adaptations linguistiques et accessibles.
Analyse transversale selon les piliers Pratiques en Santé
  • Littératie : favorise la diffusion d’informations claires sur les violences, mais manque d’harmonisation des outils.
  • Empowerment : accès à l’autonomie difficile hors dispositifs généralistes ; l’aide universelle reste insuffisamment accessible.
  • Participation : consultation élargie des parties prenantes et associations, mais obstacles institutionnels notés pour l’inclusion active.
  • Santé communautaire : recommandations d’ancrer les services dans tous territoires, mais dispositifs inégalement répartis.
  • Éthique : insiste sur la protection des droits, respect du consentement, critiques sur les violences institutionnelles (stérilisation, accès aux droits).
  • Droits humains : principe d’égalité affirmé par la Convention d’Istanbul, mais limites concrètes dans l’application pour les groupes discriminés.
  • Intersectorialité : plaide pour une coopération multi-acteurs, mais signale le manque de coordination réelle entre institutions.
  • Partenariat : rôle des associations reconnu, mais partenariat opérationnel insuffisant dans l’élaboration et le pilotage des politiques locales

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