🩸🔍 Santé menstruelle en France : un état des lieux alarmant sur les inégalités d’accès, le manque de données longitudinales et l’urgence d’intégrer les populations marginalisées. Des pistes concrètes pour agir sur le terrain et dans les politiques publiques.
Sommaire
🔴🔑AU COEUR DU SUJET : Résumé analytique, Points clés à retenir, Pistes d’action pour les acteurs, Références complémentaires
➕🛠️ RESSOURCES ADDITIONNELLES : Analyse transversale, Questions à choix multiples, Foire aux questions, Facile À Lire et à Comprendre
Source : Cartographie de la recherche sur la santé menstruelle en France : une analyse exploratoire de la littérature scientifique évaluée par les pairs jusqu'en 2024 📜🔗LIEN
Au coeur du sujet
Résumé analytique
Contexte et enjeux : un champ de recherche en émergence, mais fragmenté
La santé menstruelle est désormais reconnue comme un enjeu multidimensionnel, à l’intersection de la santé publique, de l’éducation et de l’égalité de genre. Pourtant, en France, la recherche sur ce sujet reste limitée, marquée par des silences épistémiques et des stigmates socioculturels persistants. Le document analyse 28 études publiées jusqu’en 2024, révélant une production scientifique récente (près de la moitié des études datent de la dernière décennie), mais encore trop centrée sur des approches biomédicales et cliniques. Les thèmes abordés incluent la précarité menstruelle, les impacts environnementaux des protections périodiques, les représentations culturelles des règles, et les expériences de la ménopause. Malgré cette diversification thématique, les études longitudinales et interventionnelles manquent cruellement, tout comme la représentation des populations marginalisées (personnes en situation de précarité, minorités ethniques, personnes trans ou non-binaires). La santé menstruelle est ainsi souvent réduite à une question individuelle, occultant les déterminants structurels et les dynamiques socioculturelles qui façonnent les expériences menstruelles
Apports opérationnels : vers une approche plus inclusive et participative
Le document souligne l’importance de dépasser les approches purement biomédicales pour intégrer des méthodologies participatives et intersectionnelles. Il met en lumière des initiatives locales, comme la distribution de protections périodiques dans les squats et bidonvilles de Toulouse, ou l’instauration de congés menstruels dans certaines universités et collectivités locales (ex. : Université Bourgogne Europe depuis septembre 2025)
. Ces avancées, bien que ponctuelles, montrent la faisabilité de politiques publiques ciblées. Cependant, l’absence de cadre national cohérent et le manque de financement pour des recherches longitudinales limitent la portée de ces actions. Le document appelle à une collaboration renforcée entre acteurs de terrain, chercheurs, et décideurs politiques pour co-construire des solutions adaptées aux besoins réels des populations, notamment en matière d’éducation, d’accès aux produits menstruels, et de lutte contre les stigmates
Points à retenir
- Précarité menstruelle : En France, près d’1 femme sur 3 est en situation d’insécurité menstruelle, avec des conséquences majeures sur la santé, la dignité et la participation sociale (p. 8, 23).
- Manque de données longitudinales : Les études sont majoritairement transversales, ne permettant pas de suivre l’évolution des besoins et des pratiques sur le long terme (p. 10-12).
- Sous-représentation des populations marginalisées : Les femmes en situation de précarité, les minorités ethniques et les personnes trans ou non-binaires sont rarement incluses dans les recherches (p. 14-15).
- Initiatives locales innovantes : Des projets comme ceux de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL à Toulouse montrent l’efficacité des distributions gratuites de protections périodiques et des campagnes de sensibilisation (p. 8).
- Congés menstruels : Des expérimentations locales (ex. : Saint-Ouen en 2023, Université de Bourgogne-Europe en 2025) ouvrent la voie à une reconnaissance institutionnelle de la douleur menstruelle, mais se heurtent à des résistances politiques (p. 3, 23)
- Environnement et santé : L’impact écologique des protections périodiques est de plus en plus documenté, mais les alternatives durables (coupe menstruelle, protections lavables) restent peu accessibles financièrement (p. 7).
Pistes d'action
- Utiliser les outils existants : S’appuyer sur les retours d’expérience des distributions gratuites de protections périodiques (ex. : projet de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, p. 8) pour plaider en faveur d’une généralisation de ces dispositifs dans les écoles, universités et lieux publics
- Adapter les campagnes de sensibilisation : Intégrer des modules sur la santé menstruelle dans les programmes scolaires et les formations des professionnels de santé, en collaboration avec des associations locales (p. 16-17).
- Promouvoir les méthodologies participatives : Impliquer les bénéficiaires dans la conception et l’évaluation des actions, comme le recommande le document pour éviter les biais culturels et sociaux (p. 18).
- Renforcer les partenariats intersectoriels : Travailler avec les acteurs du social, de l’éducation et de l’environnement pour une approche globale (ex. : intégrer la santé menstruelle dans les politiques de lutte contre la précarité, p. 20).
Autres références
- Essity (2025) : A Policy Roadmap for Closing the Menstrual Health Gap – Analyse des leviers politiques pour réduire les inégalités menstruelles en Europe. - Essity (2025) : La santé menstruelle est un enjeu multidimensionnel (accès aux produits, éducation, infrastructures, lutte contre les stigmates) et doit être intégrée dans toutes les politiques publiques (éducation, emploi, environnement, santé). L’étude propose une feuille de route pour combler le "menstrual health gap" via des collaborations multi-acteurs, des normes internationales, et des solutions durables (produits réutilisables, éducation inclusive).
- World Economic Forum (2025) : Menstrual Health and Sustainable Development – Lien entre santé menstruelle et Objectifs de Développement Durable (ODD). Parlement européen (2025) : En Europe, 10 % des personnes menstruées souffrent de précarité menstruelle, aggravée par la crise du Covid-19. Les États membres ont adopté des mesures fiscales (baisse ou suppression de la TVA sur les protections), mais les pratiques restent inégales. L’UE encourage les distributions gratuites dans les écoles et les partenariats avec les ONG pour toucher les populations marginalisées.
- European Parliament (2025) : Addressing Menstrual Poverty in the EU – Panorama des initiatives européennes et recommandations pour les États membres - Forum économique mondial (2025) : La santé menstruelle est un levier clé pour l’égalité de genre et 6 Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’éducation (SDG 4), la santé (SDG 3), et l’égalité (SDG 5). Son négligence aggrave les inégalités et limite la participation sociale et économique. L’étude appelle à une action coordonnée entre gouvernements, entreprises et société civile pour généraliser l’accès aux produits, à l’éducation, et à des infrastructures adaptées.
Les trois textes convergent pour définir la santé menstruelle comme un enjeu de droits humains, d’égalité de genre, de santé publique et de développement durable, et non comme une simple question d’hygiène.
Ils décrivent un large « menstrual health gap » combinant manque de produits, d’eau et d’assainissement, de connaissances, de soins et la persistance de tabous et de stigmates.
L’UE focalise plus spécifiquement sur la « pauvreté menstruelle », qui touche environ 10% des personnes qui ont leurs règles, via le coût des produits et l’accès insuffisant aux installations, malgré des avancées comme la baisse de TVA et des distributions gratuites locales.
Essity et le WEF insistent sur l’approche « menstrual health in/all policies » et l’articulation forte avec au moins six ODD (santé, éducation, égalité de genre, eau/assainissement, travail décent, consommation responsable).
Tous soulignent l’impact majeur sur la scolarité (absentéisme, auto‑exclusion), la participation au travail, la productivité et la croissance économique, avec des estimations de gains macroéconomiques si ces besoins sont pris en compte.
Les trois sources convergent également sur la nécessité d’agir à tous les niveaux de gouvernance (global, régional, national, local) et via de nombreux secteurs : santé, éducation, finances/fiscalité, infrastructures WASH, travail, justice.
Elles mettent en avant l’importance de données et d’indicateurs harmonisés pour suivre l’ampleur des inégalités menstruelles et guider les politiques, ce qui reste encore lacunaire dans beaucoup de pays.
Un autre point commun est l’insistance sur l’inclusion des publics vulnérables (faibles revenus, personnes en situation de handicap, déplacées, détenues, sans domicile, zones rurales) et sur la participation des hommes et des garçons pour changer les normes sociales.
Enfin, les trois textes appellent à des coalitions multi‑acteurs (États, ONG, secteur privé, institutions internationales, écoles, employeurs) pour garantir l’accès universel à des produits sûrs, à des infrastructures adaptées et à une éducation complète, condition d’une réelle équité menstruelle.
RESSOURCES ADDITIONNELLES
Analyse transversale
Les points de repères - 📜🔗LIEN
Analyse transversale selon les valeurs de Pratiques en Santé
- Littératie : Le document propose des outils adaptés, mais leur accessibilité reste limitée pour les publics peu alphabétisés ou non francophones.
- Empowerment : Les bénéficiaires sont rarement impliqués dans la conception des études ou des politiques, malgré des exemples prometteurs (ex. : yarning cycle en Australie, p. 18).
- Participation : Peu de mécanismes de co-construction sont décrits ; les approches descendantes dominent.
- Santé communautaire : La dimension collective est peu intégrée, hormis dans les initiatives locales (ex. : distributions de protections, p. 8).
- Éthique : Les biais culturels et sociaux sont identifiés, mais rarement traités de manière systémique.
- Droits humains : L’approche respecte les principes d’équité, mais les discriminations structurelles (racisme, classisme) sont peu abordées.
- Intersectorialité : Des partenariats sont recommandés (santé, social, éducation), mais peu formalisés dans les études analysées.
- Lutte contre les discriminations : Le document mentionne les discriminations, mais sans analyse approfondie de leurs impacts sur l’accès aux soins.
Synthèse : Le document répond partiellement aux critères de Pratiques en Santé, mais souligne l’urgence de passer à des approches plus inclusives et participatives.
Évaluation de la fiabilité de la ressource
La revue est rigoureuse sur le plan méthodologique (PRISMA-ScR), mais son champ est limité aux publications académiques, excluant la littérature grise et les rapports d’associations. Les données sont actualisées jusqu’en 2024, et les recommandations s’appuient sur des preuves solides. Cependant, l’absence d’analyse critique des biais de publication et la sous-représentation des populations marginalisées limitent sa portée opérationnelle pour les acteurs de terrain.
Questions à choix multiples
Partie 1 : Questions
Question 1 : Quel est le principal constat du document concernant la recherche sur la santé menstruelle en France ? a) Une surreprésentation des études longitudinales b) Une fragmentation des recherches et une sous-représentation des populations marginalisées c) Une absence totale de données sur la précarité menstruelle d) Une focalisation exclusive sur les aspects environnementaux
Question 2 : Selon le document, quelle initiative locale a permis de réduire la précarité menstruelle à Toulouse en 2025 ? a) La distribution gratuite de contraceptifs b) La distribution de protections périodiques et des ateliers d’hygiène c) La création d’un fonds national dédié d) L’obligation légale de fournir des protections dans les entreprises
Question 3 : Quel type d’études manque le plus dans le paysage français de la recherche sur la santé menstruelle ? a) Les études qualitatives b) Les études longitudinales et interventionnelles c) Les études biomédicales d) Les études sur la ménopause
Question 4 : Quelle population est particulièrement sous-représentée dans les recherches analysées ? a) Les femmes ménopausées b) Les personnes en situation de précarité et les minorités ethniques c) Les hommes trans d) Les adolescentes scolarisées
Question 5 : Quelle recommandation le document formule-t-il pour améliorer la recherche future ? a) Se concentrer uniquement sur les aspects cliniques b) Adopter des approches participatives et intersectionnelles c) Limiter les études aux populations urbaines d) Éviter les partenariats avec les associations
Partie 2 : Correction commentée
Question 1 : ✅ b) Une fragmentation des recherches et une sous-représentation des populations marginalisées (p. 10-12, 14-15) Question 2 : ✅ b) La distribution de protections périodiques et des ateliers d’hygiène (p. 8)
Question 3 : ✅ b) Les études longitudinales et interventionnelles (p. 10-12)Question 4 : ✅ b) Les personnes en situation de précarité et les minorités ethniques (p. 14-15) Question 5 : ✅ b) Adopter des approches participatives et intersectionnelles (p. 18)
Foire aux questions
Qu’est-ce que la précarité menstruelle ? Situation où une personne n’a pas les moyens d’acheter des protections périodiques, avec des conséquences sur sa santé et sa dignité (p. 8).
Quels sont les freins à l’accès aux protections périodiques en France ? Coût élevé, manque d’information, stigmatisation, et absence de politiques publiques nationales (p. 8, 23).
Comment impliquer les bénéficiaires dans les actions de santé menstruelle ? En utilisant des méthodologies participatives (ex. : ateliers co-construits, enquêtes communautaires) et en s’appuyant sur les retours d’expérience des associations (p. 18).
Quels partenariats sont recommandés pour une approche globale ? Collaborations entre acteurs de santé, du social, de l’éducation et de l’environnement (p. 20).
Quelles sont les alternatives durables aux protections jetables ? Coupes menstruelles, protections lavables, culottes périodiques – mais leur accès reste limité par le coût et le manque d’information (p. 7).
Comment lutter contre les stigmates autour des règles ? Par des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les médias, et les lieux de travail, en associant les concerné·es à leur conception (p. 16-17).
Quels sont les leviers politiques identifiés pour améliorer la santé menstruelle ? Généralisation des distributions gratuites, intégration de la santé menstruelle dans les programmes scolaires, et reconnaissance légale des congés menstruels (p. 3, 23)
Facile à lire et à comprendre
La santé menstruelle en France : ce qu’il faut savoir
1. C’est quoi, la santé menstruelle ?
La santé menstruelle, c’est tout ce qui concerne les règles. Les règles, c’est quand une personne saigne chaque mois. C’est normal et naturel. Mais beaucoup de personnes ont des difficultés à cause des règles.
Par exemple :
- Certaines n’ont pas assez d’argent pour acheter des protections (serviettes, tampons, coupes menstruelles).
- D’autres ont mal au ventre et ne peuvent pas aller à l’école ou au travail.
- Certaines se sentent mal à l’aise ou ont honte à cause des règles.
La santé menstruelle, c’est important pour :
- La santé
- Le bien-être
- L’égalité entre les femmes et les hommes
2. Que dit la recherche en France ?
Des chercheurs ont étudié 28 rapports sur les règles en France. Ils ont trouvé que :
- Beaucoup d’études parlent des règles, mais pas assez des personnes pauvres ou des minorités.
- On ne suit pas les mêmes personnes pendant longtemps. On ne sait pas comment leurs problèmes de règles évoluent.
- Les protections périodiques coûtent cher. Certaines personnes ne peuvent pas en acheter.
- Les règles sont encore un sujet tabou. Beaucoup de gens n’osent pas en parler
- .
3. Les points importants à retenir
Les règles, c’est un problème d’argent pour beaucoup de gens
- En France, 1 femme sur 3 n’a pas toujours les moyens d’acheter des protections.
- Certaines associations donnent gratuitement des serviettes et des tampons. Par exemple, à Toulouse, des bénévoles distribuent des protections aux femmes dans la rue
- .
Les études ne parlent pas de tout le monde
- Les études parlent surtout des femmes qui ont un travail et un logement.
- Elles parlent peu des femmes pauvres, des femmes étrangères ou des personnes trans.
- Il faut écouter tout le monde pour mieux comprendre les besoins.
Les règles, c’est aussi une question d’environnement
- Les serviettes et tampons jetables polluent.
- Il existe des protections réutilisables (coupes menstruelles, serviettes lavables), mais elles coûtent cher au début.
Certaines villes aident les personnes qui ont mal pendant leurs règles
- À Saint-Ouen et à l’Université de Bourgogne, les personnes qui ont très mal peuvent prendre un congé spécial.
- Mais ce n’est pas encore le cas partout en France
- .
4. Que peut-on faire pour aider ?
Pour les associations et les bénévoles :
Distribuer des protections gratuites dans les écoles, les centres sociaux et les rues.
Organiser des ateliers pour expliquer :
- C’est quoi, les règles ?
- Comment utiliser les protections ?
- Où trouver de l’aide ?
Travailler avec les personnes concernées :
- Leur demander ce dont elles ont besoin.
- Les faire participer aux décisions.
Pour les professionnels de santé :
- Parler des règles sans tabou pendant les consultations.
- Informer sur les aides (ex. : protections gratuites pour les moins de 25 ans).
Pour les écoles :
- En parler en cours pour que tout le monde comprenne.
- Mettre des protections gratuites dans les toilettes.
5. Des exemples concrets
À Toulouse :
Des bénévoles donnent des serviettes, des tampons et du savon aux femmes qui en ont besoin. Ils expliquent aussi comment bien se laver pendant les règles
.
À l’Université de Bourgogne :
Les étudiantes qui ont très mal peuvent rester chez elles sans justificatif médical
.
6. Des mots difficiles expliqués
- Précarité menstruelle : Quand une personne n’a pas les moyens d’acheter des protections pour ses règles.
- Congé menstruel : Un jour de repos pour les personnes qui ont très mal pendant leurs règles.
- Protections réutilisables : Des protections qu’on peut laver et utiliser plusieurs fois (ex. : coupe menstruelle, serviettes en tissu).
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